José V – Debout le nuit, Debout ! … – 43 mars

Debout, la nuit !
Le soleil, devenu insomniaque,
Étire ses rais sur le rêve incandescent…
De résistance et de luttes en marche…

Debout, la nuit !
Que s’agitent les aubes du dénoncer,
Que se lève, des brumes, le combat
Libérateur de liens solidaires…

Debout, debout !…
Créons mille soleils de minuit !
Inventons des aurores boréales
Sur toutes les places de Liberté !…

Jeunesse de toutes les terres,
Humains de toutes naissances
Convergeons en libre expression
Par la lave du dire, déversons la colère…
Que le feu à fleur de nos peaux
Se propage sur la caste de nos cerbères…

Debout, toutes ces nuits
Embarquées de folles révoltes
Par la force rageuse de l’inespoir
Donnons vie à nos renaissances…

¡Hasta la victoria!…

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La Commune chantée par Jean Ferrat

Il y a cent ans commun commune

Comme un espoir mis en chantier
Ils se levèrent pour la Commune
En écoutant chanter Pottier.
Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils faisaient vivre la Commune
En écoutant chanter Clément.

C’étaient des ferronniers
Aux enseignes fragiles
C’étaient des menuisiers
Aux cent coups de rabots
Pour défendre Paris
Ils se firent mobiles

C’étaient des forgerons
Devenus des meublots.
Il y a cent ans commun commune
Comme artisans et ouvriers
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Pottier.

Il y a cent ans commun commune
Comme ouvriers comme artisans
Ils se battaient pour la Commune
En écoutant chanter Clément.

Devenus des soldats
Aux consciences civiles
C’étaient des fédérés
Qui plantaient un drapeau
Disputant l’avenir
Aux pavés de la ville
C’étaient des forgerons
Devenus des héros.

Il y a cent ans commun commune
Comme un espoir mis en chantier
Ils voyaient mourir la Commune
Ah ! Laissez-moi chanter Pottier

Il y a cent ans commun commune
Comme une étoile au firmament
Ils s’éteignaient pour la Commune

Écoute bien chanter Clément.

 

Paroles : Georges Coulonges

Musique : Jean Ferrat

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Isabelle – Fleurs Nouvelles – 55 Mars

Un soir de printemps, il y eut des fleurs nouvelles, de celles qui n’étaient pas là au jour d’avant et poussèrent dans la nuit. Les vents puissants les voulurent d’abord courber, mais elles ne fléchissaient point. Fières, elles dardaient leur tige vers le ciel, espérant de la pluie faire fleurir le soleil. Offrant leurs pétales aux nues, elles se paraient de couleurs étincelantes et diffusaient en ondes s’élargissant leur parfum suave saveur, comme une chanson l’air de rien, une mélodie évidente qui s’installe, fragrance entête point au jour. Aux fleurs nouvelles, les vents sourirent alors, tout changeait : partout où les yeux se posaient n’étaient que jaune, bleu, mauve, orange, blanc, rouge, vert… les places des champs de jonquilles, de campanules, de tulipes, de muscaris, de jacinthes, d’iris, de coquelicots, de lilas. Révélant un monde nouveau, le printemps fleurissait en ravissements. Le soleil brillait de mille feux, les fleurs nouvelles avaient eu raison de la pluie. Elles s’épanouissaient au regard ardent de chacun, elles étaient la vie.

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Nuit Manifeste – Al Gorythm – 55 Mars

Lien vers l’article au format PDF, dans sa mise en forme originale : Nuit manifeste

mouvement
tu as pris cœur ici
au chaud de cette place
de la Chose Commune
à chaque fois
que ce monde ira mal
ce qui est déjà le cas

et que nous serons en demande d’un autre

ici sera le foyer
la mangeoire d’idées
de tous ceux qui ont faim d’humanité

et de tout ce qui manque
à l’horizon

mais ton lieu
à vrai dire
est partout

pourvu qu’une parole
veille
à ce que cette nuit innocente
ne soit pas livrée

à l’obscurité savonneuse
à la rhétorique des renards et des loups
aux hommes griffus et crochus

qui font de cette terre
au lieu d’un asile de paix
un asile de fous

nous rapiéceurs d’étincelles
pouvons tous et chacun
partager la monnaie de l’intelligence

traquer le bête ennemi jusque dans nos repas de famille
notre travail nos amis nos réflexes
nous ne serons jamais trop
à retisser la toile
que déchirent
haine pouvoir et rapacité

pour cela il faut
concevoir
des produits frais pour la conscience

du langage et des syllogismes encore peu usités

procéder à une grande lessive de la raison

un ramonage de fond de la cheminée collective

sans quoi
nous ne pourrons faire de nouveaux feux

Si longtemps on a pensé dans le cadre
désormais nous avons à penser le cadre

à en chasser les marchands
qui colonisent nos logiciels nos grammaires

Nuit debout tu es la sœur que je n’ai jamais eue

le rêve que je peux avoir

la vérité que je vais mettre en place

 

 

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Mahmoud Darwich – Pense à autrui – 54 mars

En préparant ton petit-déjeuner,
Pense à autrui
N’oublie pas la part des colombes!

En menant tes guerres,
Pense à autrui
N’oublie pas ceux qui n’aspirent qu’à la paix!

En réglant ta facture d’eau,
Pense à autrui
Et n’oublie pas ceux qui s’allaitent des nuages!

En rentrant à la maison, ta maison,
Pense à autrui
N’oublie pas le peuple des tentes!

Quand tu t’endors et que tu comptes les astres,
Pense à autrui
À ceux qui n’ont pas trouvé la paix du sommeil!

En te libérant la conscience avec des métaphores,
Pense à autrui
À ceux qui ont perdu le droit à la parole!

Quand tu penses aux autres, si lointains,
Pense à toi
Et dis-toi: ah! Si j’étais une bougie dans l’obscurité!

Mahmoud Darwich, poète palestinien engagé

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Khalid El Morabethi – Noir – 54 mars

Je suis noir,
La nuit est noire,
Mes yeux sont noirs,
Ma radio est noire
Mon stylo est noir,
Les autres sont noirs,
Leurs regards sont noirs,
Ma maladie est noire,
Ma haine est noire,
La couleur de la mort est noire,
L’amour est noir,
Ma mère qui pleure est noire,
Ses larmes sont noires,
Les roses autour de ma tombe sont noirs,
Ma tombe est noire,
Quand je ferme mes yeux,
Tout est blanc.
Bonjour.

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Carine Kramich – La République se ménopause – 54 mars –

La république se ménopause
Aucun flux dans ses veines épaisses
Nul coulis de la jeunesse
Elle la refoule, qu’elle disparaisse !
Car le sang trop neuf indispose

Elle en devient mauvaise mère
Elle choisit ses enfants chéris
Parmi la chair de sa chair
Elle les pourrit, gâtés-pourris
Les autres, elle les désespère

La république est une vielle grue
Qui s’apparade et qui se farde
De poudre aux yeux et de vertu
Qui cach’ ses coquards d’une cocarde
Et qui se gausse de la rue

La république est une vieille poule
Qui s’vend au député du coin
Qui se rengorge et qui roucoule
En déplumant tous ses poussins
Ses bas se filent et elle nous saoule

C’est plus fort qu’elle est marâtre
Elle crie pour rien à tout propos
Elle s’injustice, elle s’acariâtre
Elle fait des bleus et s’écarlate
Mais le blanc fait total défaut

La république nous orpheline
Plus jamais là quand on a b’soin
Les mots doux se taisent ou s’épinent
Elle dilapide nos moindres biens
Et nous confisque nos lendemains

La république est une vieille peau
Il serait temps qu’elle s’occasionne
A renouveler ses oripeaux
Qu’en une mue elle s’émulsionne
Que ses appâts deviennent appeaux

Quand la 5e sera grand-mère
Pourvu qu’elle soit mamie-gâteau
Qu’elle nous radote ses hivers
Et ses gloires qui étaient y a tantôt
Et qu’enfin elle nous laisse faire

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Audrey – Le rythme – 54 mars

Je vis avec un petit rythme.
On ne se connaît pas bien encore.
Mon petit rythme me fait rêver
D’une vie tranquille et reposée.

Mais petit rythme se sent peu écouté.
Alors souvent il se rebelle
Et en moi tire les ficelles
Et ça me tiraille de partout.

Aïe, ouille, j’ai mal ici
Et ça coince là!
Mon cerveau tricote de gordiens noeuds
Et de la buée floute mes yeux.

Petit rythme est fatigué
De toujours tirer sur les ficelles.
Il aimerait de tout son coeur
Que je l’écoute enfin sans peur.

Moi, je suis toute perturbée
Le monde a un grand rythme en effet!
Il voudrait qu’on tourne vite, très vite
Et tous sur la même cadence.

Le monde a une grande bouche
D’où sortent ses idées.
Elle en produit au kilomètre!
Le monde a un grand rythme en effet!

Le monde est très prosélyte.
Il a réussi d’ailleurs
A me faire tout gober,
Que son rythme effréné
Serait la clé de mon bonheur.

Au risque de n’y parvenir
Il s’est fait culpabilisant
En tous les jours appuyant
Sa vérité inquestionnable.

Petit rythme est bien fatigué
Mais il est toujours là, vaillant
Parant à tous mes manquements.
Aujourd’hui j’apprends à l’écouter
Car de mon expérience j’ai bien dû noter
Que ce grand rythme n’était pas adapté,
A moi, ma bien aimée.

 

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Marquis des bois – Pêcheurs de ciel bleu – 54 mars

Pêcheurs de ciel bleu dans les marécages boueux
Chasseurs de rêves dans les ténèbres sylvestres
Poseurs de pavés sur les sentiers tortueux
Dresseurs de mots au coeur de la jungle des lettres

Mais surtout poète parmi les poète-esses
Amateurs de rimes au sommet des cimes
Mais encore trompette parmi les trompettes
Amateurs des rimes au fond des abîmes

Un monde poétique, un lieu accessible
Où on marquis des bois, on klaxonne hautbois
Où le sous entendu rejoint le dicible
Où les chiens claironnent et les princes aboient

Chemin indiqué au long court de la pensée
Prenons à droit, à gauche, à contresens
Zigzaguons, mélangeons présent, futur, passé
Papillonnons et cueillons un bouquet d’essences

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Carine Kramich – Chanson pour les générations futures – 54 mars

Ne vous inquiétez pas, les loutes
Mes toutes petites, mes tendres gloires
Même si reviennent les jours de doute
Les discordes et la peur du noir
Même si retournent en rond les joutes
Verbales de ceux qui font l’Histoire
Bis : La révolte est à son début
La liberté reprend la rue

Mes amours, le danger nous nargue
L’ennemi est à l’intérieur
Il se farde de haine, il se targue
D’être dans le cœur de nos cœurs
Aujourd’hui, enfin, qu’on le largue
Qu’on le renvoie à ses rancœurs
Bis : A tant réclamer l’insouciance
On se rétame dans l’indécence

C’est pour vous, minots et gamins
Qu’on ne doit plus rêver à g’noux
Qu’on ne doit plus céder le bien
A sa seule valeur d’être avoir
A sa seule valeur d’être à nous
Nous avons le devoir d’y croire
Bis : Car tous les enfants sont les nôtres
Même les voyous, les ceux des autres

Je m’engage devant vous mes âmes
A reconstruire ce monde usé
Qu’il n’y ait plus de place à l’infâme
Et qu’on puisse encore s’amuser
Rêver surtout, rêver sans blâme
L’utopie faut en abuser
Bis : Pour un monde digne en héritage
Il est sage de n’être plus sage

Voyez, faut pas vous inquiéter,
Mes petits bouts d’humanité
La misère, nous irons la pendre
Et les jours où quand vous s’rez grandes
Quand vous décocherez nos vielles cibles
Vous réinventerez l’impossible
Bis : Car si elle est souvent promise
Liberté n’est jamais acquise

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Audrey – L’ours, la grenouille, la puce et l’étoile – 54 mars

De l’ours sort la grenouille
De la grenouille sort la puce
De la puce sort l’étoile,
Si grande l’étoile
Qu’elle fait briller tous les astres.

L’étoile éclaire la puce
Et la puce sourit.
Elle se tourne vers la grenouille
Et la grenouille sourit,
Puis elle lève la tête vers l’ours,
Et l’ours sourit.
Il se tourne vers l’étoile,
Et l’étoile luit.

L’ours dit à la grenouille:
« Dans ma fourrure je te fais une place »
Et la grenouille se sent bien.
Elle se penche vers la puce et luit dit:
 » Sur mon dos tu peux toujours te poser »
Et la puce se sent bien.
La puce s’adresse à l’étoile:
« Tu es si grande, mais je suis là pour toi »
Et l’étoile s’enhardit.

Elle brille si intensément
Qu’elle éclaire les coeurs
Déjà bien éveillés
Des fiers compagnons.

Et dans leur nouvelle chaleur,
L’ours, la grenouille et la puce,
Se mettent à chanter…

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Carine Kranich – Ca y est! – 38 mars

Ça y est !
On entre dans la danse
On remplit des cahiers
Et on crie nos doléances
On invente des slogans
On fait du boucan
On veille debout
On rêve debout
On nuit debout
La nuit est à nous
La vie est à nous
Et vous ?
Que le vent vous emporte
Il est temps
De balayer devant vos portes
Nous sommes dans la rue
Avec vue sur vos bévues
Il est grand temps
Les enfants, réveillez-nous !
On ne sait pas où on va
Mais on y va
On attendait que ça
Et ça ne nous suffit pas
Cette courte nuit nous tend les bras
Ne plus dormir
Ne plus se laisser endormir
Écouter vos soupirs
Car voilà
Nous sommes là
Ici et là
Un peu partout
Toi, moi, nous
Nous sommes,
De jour comme de nuit
Ici
Debout
Une somme
On partage
Le tien, le mien
Quelque soit l’âge
Le monde nous appartient.

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