Titus – Tu dormiras – 116 Mars

Tu dormiras

Ne désespère pas
si tu désespères tu as perdu
jamais plus tu ne dormiras
ou alors du sommeil du vaincu
d’un sommeil qui n’en finit pas
la journée, debout à tes affaires
tu dormiras
au cœur de tes tâches, même avec tes compagnons
tu dormiras
les lumières dans le ciel
du levant sans attaches au couchant délirant
seront les chaînes et prisons
qui te feront tout faire
sans le moindre appétit
et tu mangeras
tes petites passions
ta petite mâche
sans fleur et sans sel
tu dormiras
sans beaucoup d’ambition
feindre l’envie
du matin au soir
ou au cours des nuits blanches
car elles aussi perdront
leur noirceur et leur miel
ne désespère pas
ou tu dormiras
persuadé de vivre
car il faut pourtant vivre
une vie sur mesure
taillée dans tes draps
toutes ces paresses
ces bras que tu baisses
l’absence de démesure
tu les occulteras
les sentiers tout en dunes
tu les oublieras
dans l’eau brune qui rend ivre
tu dormiras
sans étincelles
comme un dimanche
qui n’en finit pas
tu attendras
que finisse la messe
que commence le repas
tu dormiras
sans sommeil sans jeunesse
et pour te venger
d’un rêve qu’un jour tu as fait
un rêve oublié
un jour toi aussi
avec tous ceux qui dorment
vous verrez passer
une copie de vous
relique d’un lointain passé
que l’on ne connaît pas
mais dont les pas résonnent
comme un outrage
vous l’arrêterez
et vous ferez taire
ce rêve éveillé
ce maudit ramage
auquel plus personne ne croit
vous direz « rendors-toi »
alors je n’aurais de cesse
même sous la pierre
même vaincu
de lui chuchoter tout bas
et même si cela ne sert pas
ou siffle à vos oreilles comme un chant de vipère
un hymne au combat
« ne désespère pas
si tu désespères tu as perdu
jamais plus tu ne dormiras »

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J.J.I – Juge – 116 Mars

Juge…

…Des bandits en col blanc ! Ils sont tous actionnaires
De ces Maisons d’Arrêt où vont les détenus…;
Et tous les prisonniers, toutes les prisonnières
Sont là pour rapporter et ils y sont tenus…

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Pascal – Les mots – 116 Mars

Les mots comme un océan d’étoiles
les mots comme un dernier râle
les mots comme aveu d’impuissance
les mots comme condition sine qua non
les mots comme dessein idéal
les mots comme des seins pâles
les mots comme des mains sales
les mots comme des reins mâles
les mots comme des putains
les mots comme maquillage
les mots pour crier sa rage
et pour cacher son âge
les mots pour son testament
une vie à l’écrire et à le dire
une vie à décrire, une vie à sourire
un dernier pleur pour faire peur
une farce pour se montrer différent
une compétition pour survivre
et pour tuer les concurrents
puisque il n’y a que des adversaires
que de la haine et de la jalousie
un amour qui exprime la force
la force qui montre le chemin
la désillusion pour les perdants
et pour ceux qui ont réussi
le temps vendu à l’argent
les actes ont fini par
se confondre dans les mots
les idées dans les notions
les bonheurs dans les options
l’amour dans l’esclave
tu vaux plus que des mots
tu vaux plus que l’argent
et l’argent ne vaut pas
tout cela.

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Gauthier – Le long de la falaise – 116 Mars

Déambulant le long de la falaise,
La houle rythmant mes pas,
Mon coeur réinterprète la genèse,
Loin des fastes du grand opéra.

Elle : La fable est en scène.
Moi : Nos amours aux jardins.
Nous : Le rideau, puis la peine ?
En aparté : Se séparent nos chemins.

Noir, tragique est notre chute.
Nuit, la foule est en délire.
Au jour, vis notre lutte,
Quand la lumière vient à périr.

La pluie m’extirpe de mes songes.
Seul, face au néant, bleu océan.
Marqué, tel la falaise que je longe.
Usé, comme la pierre par le temps

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Richard – Au regard des nuages reveurs – 116 Mars

Au regard des nuages reveurs des matins
Mon sourire se fond à l’invisible
Qui derrière chaque rayon solaire
Danse au rythme de mes pensées.

Saisir la vie dans mon regard
Marcher entre les étoiles
Parler aux génies des foret vierges
Voici ici le pas d’un homme lumineux.

Un vers nageait dans l’océan de nos reves
Et les montagnes
souriaient aux audacieux.

Et comme le fleuve
qui coulait sans remord
La vie , elle , passait sans crainte.

Ainsi,

L’univers était indifférent à nos vies.

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Marc – Les machines – 116 mars

Les machines

Ton cerf-volant sur les nuages

plane en chemin

tu le diriges vers tes désirs

un monde meilleur

nous avons des machines qui volent sur nos têtes

des oiseaux migrateurs qui ne savent où aller

il faut les arrêter avant qu’elles nous détruisent

elles peuvent nous emmener jusqu’à la fin des temps

mais dans ton cerf-volant

tu es sur ton nuage

il pourra te guider

très loin de ces machines

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Cécile – Vieux monde – 106 mars

Ca explose, ça explose dans ce vieux monde. Le monde est vieux et nous sommes jeunes, nous sommes jaunes comme les prairies automnales de la fin des temps. Nous sommes verts comme le président qui se lève le matin plein de morgue, et tire sur le monde, et tire sur la vie, et le monde nous tue, et vive la vie, et trahissant les siens le pic vert mange les mouches aux abois dans le grand ciel vide qui nous enserre. Las des jours sans fin nous partons le ventre vide vers d’autres mondes, mais celui-là court et ne nous ratera pas, ça passe, ça passe, ça pousse, ça pousse, ça pousse devant, ça pousse derrière, ça crie au monde : vive la vie ! Et toi qui te tais et toi qui te terres et toi qu’on tait ouvre le trou de ta bouche pour ne pas tomber face contre terre.

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Romain – Rêvolution – 106 mars

Faut-il vraiment qu’on vous le beugle ?
Notre gouvernement est aveugle !
Il nous a déclaré la guerre
Un vieux réflexe totalitaire

On a chanté avec amour
Il a fait semblant d’être sourd
Il nous a déclaré la guerre
Il s’en fout de notre colère

Sous le feu des canons à eau
Dans les nuages de lacrymo
Il nous a déclaré la guerre
A coups de grenades et karcher

Quand on a dit « on vaut mieux qu’ça ! »
On parlait pas des coups d’tonfa
Il nous a déclaré la guerre
Serait-ce la faute à Voltaire ?

On trouve parmi nous des casseurs
Faut surtout pas en avoir peur
Il nous a déclaré la guerre
Pas question de se laisser faire !

Une autre voie, la non violence
Fait partie de la résistance
Il nous a déclaré la guerre
Mais il ne peut pas nous faire taire

Chacun ses rêves, chacun son arme
Sa façon de sonner l’alarme
Il nous a déclaré la guerre
A nous les rêvolutionnaires

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Zu Rac – Nuit Debout – 106 mars

Tous ces procédés d’acétone et ces bijouteries carcérales ont eu beau nous ravager la tête, vient le jour enfin où nos crânes peuvent fleurir leurs cheveux d’estragon.

On en aura mangé des déchets, avec une tranquillité volontaire, de celle des nouveaux-nés, la bouche ouverte et les yeux clos, accueillant sans gémir des champs entiers de réverbères, des images aux couleurs impériales, obsédantes, rouge saumon de rivière, des publicités d’apothiquaires et des trafics d’influences pharmaceutiques directement branchés sur les synapses.

Révélez votre identité créative! grâce aux écoles supérieures privées et aux emprunts bancaires.

Foutaises!… Société d’arnaqueurs et mafia gouvernementale. Ils disent : « vendez vos cerveaux à la sauvette sur le marché de l’art naïf! » Eheh, mais les VRPs, c’est nous! transbahutant nos chaines aux pieds, chaines hi-fi, chaines en or et mille cinq cents chaines de TV.
On nous travaille la pensée. On nous travaille à la chaine. A la chaine de causalité circulaire.

Circulez! Y’a rien à voir! si ce n’est encore les réverbères, les réverbères, les réverbères…

Prochain arrêt: métro C. Direction ? Aucune idée. Où va-t-on ? Quelque part – un horizon troublé de destinations indifférentes. Qu’est-ce qu’on veut ? Autre chose. Pourquoi ? Parce qu’au premier jour de glace il y avait un écriteau disant : Assieds-toi! Tais-toi! Sors ta trousse! Écris tout! Retiens tout! Comprends rien!

Alors on passe la nuit debout, et le jour, on dort, debout, aussi. La nuit debout ça veut dire la chouille dehors, peut-être ça mène à rien mais bon, comme tout le reste.

« Il n’y a plus rien! disait Léo. Il n’y a plus plus rien! »

L’espoir, on le cultive avec du froid, du silence qui parle trop, des matraques en silicone et des armées d’automates, d’entrepreneurs et de mercenaires payés rubis sur l’ongle pour qu’on soit tous coiffés à coup d’scalpels, et pis surtout qu’on la ferme! et qu’on s’y fasse à l’insomnie, le nez plongé dans l’oreiller et qui répète « Y’a rien à faire… Attends! » Alors j’attends la fin du monde dans une cellule capitonnée, tombeau trois étoiles et vampire triste.

Et les bombes? Rien à foutre, de toute façon on mourra jeune, c’est sûr, avec tout ce qu’on s’enfile dans le cornet juste pour oublier l’ennui. Mais l’ennui, on le fera taire, la nuit, debout!

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Aude Pâris – Implosion – 106 mars

Implosion,

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Le satellite m’invite

A tourner autour

De toi, de moi

Du monde au bord de l’implosion

ça va chauffer dans les institutions

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Tour de l’univers

En hélicoptère

Fuir la Terre

Pour aller polluer

Un autre système

Planétaire

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Placide

Tu brodes

Tandis que d’autres
Une foule
En houle
Une foule très cool
Impulse peut-être
Un autre
Une autre

Etre

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Tour de l’univers
En hélicoptère
Vont-il nettoyer
Notre système

Planétaire?

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Lève toi, Amour

Viens voir.

Il fait jour.
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Al Gorythm – 31 Marx – 106 mars

perchés
sur les micros des cheminées
ils guettent avec des yeux incrustés d’étoiles mortes
une bave abjecte à la plume
notre agonie
ils veulent trancher la tête
du long serpent des révolutions
qui rampe doucement à travers l’Histoire
de Spartacus à Robespierre
de Louise Michel à Allende
mais depuis toujours
nous sommes les plus nombreux
parce que nous sommes les inventeurs

vous êtes une révolution de fourmis lancent­-ils
des vociférateurs de places
laissez les grandes personnes refaire le monde
laissez la télé parler pour vous
laissez les gremlins vous représenter
de leurs balcons
c’est eux le peuple pas vous
d’ailleurs
si le message n’est pas entendu
nous avons prévu que de notre anus mondialisé
sortent des pets lacrymogènes bien sentis
vous êtes violents casseurs et rétrogrades
nous sommes le progrès la modernité en marche
la synthèse d’Uber et de Zola

oui
on n’est pas beaucoup sur la place
mais on est nombreux dans le monde
depuis toujours
on est nombreux
les plus nombreux
de Toussaint­Louverture à Rosa Luxembourg
de Babeuf à Che Guevara
je le sais
car c’est mon poème qui me le dis
il ne se trompe jamais
c’est un périscope qui permet de voir de côté et même de loin
l’avenir
ça donne du champ un poème
ça permet de respirer autrement
ça fait aimer les gens
ça fait voir des tulipes
à la place des pots d’échappement
et le ciel à la place du ciment

si on ne se connaît pas tous
on se reconnaît entre tous
les porteurs de poèmes
on sait qu’on a déjà vécu cela
cette respiration
et qu’après nous il y en aura d’autres
ne faiblissons pas
lançons toujours nos dés nos flèches
qu’importe la nuit
la dialectique des vents
trouvera les mots pour se retrouver
à chaque soir bien sombre de la terre
où que nous soyons dans le monde
il y aura toujours une nouvelle Commune

ne pas craindre
de fatiguer les mots
Marx à moteur
Marx kérosène
Marx fantôme qui ressort de son lit-­béral
Marx à ressorts comme le diable dans sa boîte-poubelle
Marxpédia
Marxtweet
Marxbook

la religion du capital
veut brûler le code du travail
vivent le 31 marx et ses enfants
que dans le gris s’élève
le soleil à barbe de l’humanité
on l’a échappé belle
le 1er avril n’eut pas été crédible

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Thierry – Société – 106 mars

C’est l’histoire d’une société qui tousse
ça lui gratte la gorge et lui pique le nez
partout dans ses rues ça grouille de globules rouges à drapeaux
sur lesquels des casques bleus crachent leur fumée
on ne peut pas dire qu’il soit trop tôt
mais il se passe enfin quelque chose, ça pousse, ça promet

c’est l’histoire d’un monde tellement contradictoire
que tous ceux qui essaient de le comprendre se tiennent le cerveau à deux mains
heureusement certains n’essaient pas et c’est tant mieux pour eux
ils ont moins mal au dos et desserrent un peu les mâchoires
ils laissent au pavé ces jeux de mains et de vilains
pour profiter de juin, des raquettes ou d’autres jeux
que pratiquent de richissimes décérébrés

c’est un pays comme les autres tenu par une poignée
qui gouverne pour une autre
ces deux là s’entendent bien
ils font leurs affaires, s’échangent des politesses
quand l’une appelle la première « son altesse » celle-ci la nomme son tribun
et ensemble elles tombent d’accord pour inventer le sort
qui s’imposera à leurs sujets

C’est l’histoire du capital hégémonique
qui malgré tout arrive à se faire aimer des masses
et même si chacun sait qu’il ne saurait être moral
ses largesses rendent tout le monde amnésique
sur les têtes voûtées il s’épanche, il jure qu’il dispensera son or
ce qu’il a à offrir est un puits sans fond aux parois étanches
et même si ce qu’il prend laisse dans son sillon de grandes crevasses
ses héritiers l’acclament à l’unisson

c’est l’histoire d’un grand nombre à la dérive
qui s’en fout et ne dit rien
mais il serait bien indélicat de le blâmer
tant il lui manque des choses pour bien juger
à commencer par la bonne perspective
on lui dit « hais », il s’exécute
ne cherche pas plus loin
ce serait épuisant
il s’en prend tout bonnement à son voisin
aux indigents, aux migrants, aux différents
il n’aime pas trop qu’on en discute

C’est l’histoire d’une nation ou plus rien ne peut faire encore l’unanimité
à commencer par ce poème
car chacun aujourd’hui est producteur de vérité
et aucune ne vaut mieux que n’importe quelle autre
si ce n’est celle qui passe en boucle à la télé
à l’heure fatiguée que l’on voue au soir à BFM
le nouveau Dieu dont la parole sur le monde se vautre

C’est l’histoire d’un meurtre abject : l’assassinat de la dignité humaine
on relègue au rang de bêtes des créatures tellement belles
qu’on ne voit plus vibrer leur âme, leurs chansons ou bien leurs maux
C’est l’histoire d’un manque d’imagination vraiment cruel
dans cette secte, personne ne voudrait faire de leurs vies la sienne
personne ne peux décrire la guerre personne ne sait ce qu’est l’enfer
mais on les y laisse quand même, au nom d’idées
dont la moins fraternelle d’entre elles s’appelle « progrès »

C’est l’histoire de sages au dessus de tout ça
qui s’en vont vivre leur vie simple sur les sommets
le cœur gonflé par leur vertu, les mains tendues vers les demains
ils baissent dignement les bras
dans leur maquis de vert vêtu ils plantent les graines de l’après
sans s’apercevoir que pour chaque fleur qui naît
un océan se meurt
que pour chaque pan de liberté qu’ils conquièrent
un pays brûle de misère
ils ne savent pas encore qu’ils se leurrent
quand ils pensent que cultiver ou se cultiver suffira
et je n’aimerais pas être celui qui le leur dira

C’est cependant l’histoire de vrais poètes et philosophes
ceux-là n’ont plus de crayons
alors ils ont ramassé des pavés
quand ils avancent de tous âges, ça a une sacrée allure
ça danse
sous la houle sanguine et noire de leurs étoffes
ils écrivent dans l’action la plus sensée des réflexions
et dans le tohu-bohu cinglant de leurs exigences
on entend souffler un vent oublié
c’est celui qui vient après
un vent chaud de printemps qui amorce le dégel

C’est l’histoire d’une loi qui n’est plus qu’un prétexte
mais ils ne se battent plus contre elle seule
ce qu’ils veulent c’est la mort de tout le reste
en finir avec la finance, ses curés et ses messes quotidiennes
la fin des erreurs indigestes
ils veulent rouvrir les portes qui se ferment
car l’on s’emmure aussi avec nos haines
dans les vapeurs lacrymogènes
qui au soir ressemblent à un brouillard qui saigne
il y a des jeunes, il y a des vieux
des filles et des femmes
un courage furieux que rien n’entame
pour que le monde un jour vive mieux

Ce n’est en fin de compte que l’histoire du monde recommencée
ou de vieux débris farcis de monnaie minimisent les rêves
en les appelant des utopies
où la fière et belle relève s’attaque aux nécroses
avec du tissu et des mots
comme sur un feu ils attisent l’osmose
celle qu’il faudrait pour un jour atteindre
la société qu’ils souhaitent et que les puissants ne font qu’éteindre

C’est l’histoire d’une société qui en est là
dos à dos elle attend
semble t-il que chacun choisisse son camp
il ne manque pas grand-chose
si ce n’est que ceux qui regardent
sans savoir
sans oser choisir
en lisant
décident enfin
d’agir

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Khalid – Doigt d’honneur – 106 mars

Une virgule et un point, un point et une virgule, point-virgule et un point, une virgule et un point d’honneur.
Une virgule à l’inverse, puis des mensonges mélangés avec de l’eau et des paroles d’honneur,
Un regard, une lumière qui murmure que c’est trop tard et des acteurs ringards,
Un autre regard, la lumière part et un bon acteur qui se lève, déchire ses vêtements et lance son doigt d’honneur,
C’est beau, c’est fort et ça sent les fleurs,
C’est beau, c’est fort et ça mérite une médaille d’honneur,
C’est beau.
C’est un oui !…
Un doigt d’honneur qui dit oui, oui, oui en inspirant, il est plus doux, plus beau, linéaire et différent,
Un doigt d’honneur qui fait battre le cœur et crée un sentiment différent,
Un sentiment d’angoisse souriant,
Un sentiment d’une pluie qui tombe dans la gorge du poisson,
Tout au fond de la sombre gorge du poisson… rouge,
Tout au fond de l’œil… rouge,
Tout au fond de la couleur rouge,
Rouge…
Une virgule à l’envers, un point rêveur et un doigt d’honneur,
Une virgule, les nerfs se forment, un point nageur et un doigt d’honneur,
Une virgule, les nerfs se forment, un monstre ça forme, un point sans sens, sans but, sans couleur et qui lance son magnifique doigt d’honneur,
Rouge…
C’est rouge
Un doigt rouge, indiscutable et qui porte un nom, un visage,
Un doigt rouge, au-dessus de la table, écrivant une fin au milieu de la page,
Un doigt
Rouge
Noir
C’est noir,
C’est un point, un espace et des spectateurs
Un point et la lumière qui meure,
Noir
C’est noir,
C’est Un doigt d’honneur qui porte le savoir.

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Med’H – Paname, soulèves-toi ! – 105 mars

Paname, soulèves-toi !
Paname, debout, rappelles-toi, n’oublie pas,
Tant de luttes se sont passées sur tes vé-pa-(s).
Aujourd’hui des obscurantistes t’ont mutilée
Et tes dirigeants t’ont muselée.
Relèves-toi, Paname la communarde !
Tes enfants, t’attendent, s’attardent.
Écoutes-les, tout bas, ils chantent
Le Temps des cerises qui les hante.
Ils font leurs sales guerres
On récolte nos mortes et morts.
Le Capital ne souffre guère
Et de ses bénefs ne démord.
Paname te souviens-tu de 68 ?
Nous, on a envie d’une suite !
Vivre la solidarité et la liberté,
Nous n’allons pas te déserter.

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Marie – Les jardins militants – 105 mars

Les jardins militants

Qu’ils sont beaux les jardins innocents
De ces jeunes amoureux aux coeurs insolents
Ils martèlent des mots dans l’air
Des mots militants
Car ce sont des militants
Qui militent pour les jardins amoureux
Car il faut aimer les jardins
Comme on aime les poètes
Militer pour eux

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Mellow Man – Le ver dans la pomme – 100 mars

On joue avec nos peurs pour nous mener par l’bout du nez
Afin qu’on brade nos libertés pour une illusion de sûr’té
On nous pré-conditionne pour être une masse prévisible
Orientable à souhait vers un politique, un produit cible
Ils ont voulu faire un système pour asservir les hommes
On déjouera leur stratagème, il y aura un ver dans la pomme.

On doit se serrer la ceinture pour qu’ils se goinfrent sous nos yeux
On doit sacrifier nos gamins, on doit enterrer nos vieux
Ils nous jettent leur discrédit (dix crédits) et veulent qu’on épouse la dette
Ils vident nos portefeuilles… mais ils nous bourrent la tête
Ils ont bâti un système pour exploiter les hommes
Mais il en prendra d’la graine, le ver dans la pomme.

On nous rabat les oreilles de mêmes discours sur tout’s les bouches
Leurs milles feuilles de chou déclinent les mêmes concepts sur tout’s les couches
C’n’est pas une conspiration, mais une coopération inconsciente
Quelques illusions nécessaires, des simplifications séduisantes
Mais les infos gardées secrètes, circulent grâce à quelques hommes
Elles se passent en sous-main, entre humains, entre vers de la pomme.

On fait tout pour nous distraire, nous éloigner de c’qui nous touche
C’est au profit matériel et à l’isolement que l’on nous pousse
On nous détourne notre attention par une boule à mille facettes
Ce qu’on est, c’est ce qu’on voit, ce qu’on a ? Ce qu’on achète !
Il y a les grandes lignes du système auxquelles on nous borne
Brisons – et non changeons – de chaîne ! Que le ver perce la pomme !

Caméra, biométrie, internet, RFID
Qu’on veuille notre profil, notre argent ou nos idées,
Quelles qu’en soient les raisons, politiques ou commerciales
Quelques soient les circonstances – de routine ou très spéciales –
Tant qu’il y aura un système pour espionner les hommes
Il y aura les gal’ries souterraines du ver dans la pomme !

Tant qu’il y aura des puissants envoyant bombes et matraques
Tant que se poursuivront les meurtres, les tortures, les traques
Tant que nous serons cobayes d’une expérience à fin de lucre
Où ils tirent la ficelle nous tenant à la vie, et nous la sucrent,
Tant qu’il y aura un système qui niera ce que nous sommes
Je vous invite, mes frères, à être le ver dans la pomme !

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