Archives pour la catégorie prose poétique

prose poétique

Benton – Ce soir il pleut de l’espoir – 151 Mars

Ce soir il pleut de l’espoir.

Ce soir il pleut de l’espoir, la nuit ira nuire à d’autres que nous, nos guenilles nous iront, soupe au doigt, parfois le vent dans les branches ne nous insulte plus, les flaques de nos égos rebondissent des échos de nos bottines d’enfants qui sautillent dedans.

Ce soir il pleut de l’espoir, la pénombre nous enveloppe d’une malhabile quiétude, qui tient sur nos épaules par la poire que l’on fend, nos coudes comptent nos côtes et nous contons nos quêtes. Ce n’est pas une torpeur qui rampe entre nos pieds, les vapeurs qui émanent et remontent du sol, mordorées, hésitantes, caressent le creux des rêves.

Ce soir il pleut de l’espoir, j’en ai choppé un peu dans le creux de ma main, mais ça sèche très vite tu ne peux pas le voir, chacun tendra la sienne pour recueillir sa part, et la voir un instant qui peut paraître court, mais bien plus long qu’une vie à passer à côté.

Ce soir il pleut de l’espoir, personne n’a de parapluie et même les larmes coulent, y en a qui font pipi, mais pas tout le monde l’approuve, quand même y a une odeur qu’est pas loin du sucré, et comme une clameur proche de la mélopée.

Ce soir il pleut de l’espoir, et l’on voit refleurir des illusion perdues, comme des rêves enfouis ou des passions cachées, ça éclot ça et là, ça écope d’un écot comme un pop-corn qui saute, ça rejaillit parfois, ça maille le territoire.

Ce soir il pleut de l’espoir, lâche ton seau gros malin, ça sèche à une vitesse tu n’as même pas idée, ouvre la bouche en grand et laisse toi aspirer, le mouillé que tu sens c’est ton cœur qui renaît.

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Cécile – Eh! messieurs. – 134 Mars

Nuit Debout les gens chantent. Nuit Debout les gens déchantent. Enchantement, désenchantement. Et demain le monde ? Et aujourd’hui le monde ? Aujourd’hui le monde est dur. Aujourd’hui ça n’a plus de sens. Aujourd’hui ils tuent. Et aujourd’hui plus d’endroit pour respirer, on bétonne, on gaz lacrymogène, et aujourd’hui les poètes sont morts et enterrés. Mais aujourd’hui ça respire, les poèmes parlent, et Nuit Debout chante et déchante dans les ténèbres. Ils ne lâcheront pas, personne ne lâchera, on veut encore vivre, on veut encore respirer, on veut encore deviser, on peut dévisser mais on devisera, on divisera. Et, messieurs, vous ne pourrez pas tout anéantir. Et, messieurs, vous ne saurez pas tout contrôler. Et, messieurs, toujours les hommes parleront, les poètes écriront. Et, messieurs, si vous ne pouvez plus respirer, allez crever ailleurs. Que vos miasmes de morts-vivants ne nous écrasent plus. Votre monde est mort, messieurs, votre monde est trop vieux et trop mort pour résister, et un jour des armées sans armes s’élèveront au milieu des larmes que vous avez laissées. Eh ! messieurs, laissez-nous respirer, on a besoin d’air. Eh ! messieurs, laissez-nous briser pour que l’air rentre enfin.

Messieurs, vous êtes déjà morts, faites place, messieurs, vous êtes trop vieux. Faites place, messieurs, on fera mieux.

Du haut de vos tours, messieurs, du haut de vos châteaux, du haut de vos miradors, nous lancerons des fleurs, nous compterons les heures, nous lâcherons les leurres. Eh ! Messieurs, on ne vous voit plus, on ne vous croit plus. Eh ! Messieurs, lâchez tout. Que puisse enfin renaître la fleur de l’homme au coeur du monde. Que puisse enfin l’homme créer au milieu du rien.

Et sur vos ruines nous ne bâtirons plus. Les empires s’écrouleront.

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Yoam – Occident – 134 Mars

Je viens de l’Occident…



Là où le mal-être règne et où la grisaille nous oppresse…

Là où l’on aime tous à se démener, dans des vies surchargées, encombrées, de tout un arsenal d’occupations aussi vaines qu’inutiles…



Là où l’on se retrouve tous à courir, à se précipiter et jouer des coudes, pour tenter inlassablement d’arracher le même petit bout d’horizon…

-

Chacun vit dans son monde, à cultiver son propre « je »…


Si bien que lorsqu’on nous met ensemble, collectivement, cela ne donne plus qu’un choc frontal de petites bulles, hermétiques et stériles, se livrant bataille et n’aspirant qu’à une chose : gonfler… gonfler encore et toujours plus… ! 

…

Mais éclateront-elles un jour… ?!?

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Cécile – Vieux monde – 106 mars

Ca explose, ça explose dans ce vieux monde. Le monde est vieux et nous sommes jeunes, nous sommes jaunes comme les prairies automnales de la fin des temps. Nous sommes verts comme le président qui se lève le matin plein de morgue, et tire sur le monde, et tire sur la vie, et le monde nous tue, et vive la vie, et trahissant les siens le pic vert mange les mouches aux abois dans le grand ciel vide qui nous enserre. Las des jours sans fin nous partons le ventre vide vers d’autres mondes, mais celui-là court et ne nous ratera pas, ça passe, ça passe, ça pousse, ça pousse, ça pousse devant, ça pousse derrière, ça crie au monde : vive la vie ! Et toi qui te tais et toi qui te terres et toi qu’on tait ouvre le trou de ta bouche pour ne pas tomber face contre terre.

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Zu Rac – Nuit Debout – 106 mars

Tous ces procédés d’acétone et ces bijouteries carcérales ont eu beau nous ravager la tête, vient le jour enfin où nos crânes peuvent fleurir leurs cheveux d’estragon.

On en aura mangé des déchets, avec une tranquillité volontaire, de celle des nouveaux-nés, la bouche ouverte et les yeux clos, accueillant sans gémir des champs entiers de réverbères, des images aux couleurs impériales, obsédantes, rouge saumon de rivière, des publicités d’apothiquaires et des trafics d’influences pharmaceutiques directement branchés sur les synapses.

Révélez votre identité créative! grâce aux écoles supérieures privées et aux emprunts bancaires.

Foutaises!… Société d’arnaqueurs et mafia gouvernementale. Ils disent : « vendez vos cerveaux à la sauvette sur le marché de l’art naïf! » Eheh, mais les VRPs, c’est nous! transbahutant nos chaines aux pieds, chaines hi-fi, chaines en or et mille cinq cents chaines de TV.
On nous travaille la pensée. On nous travaille à la chaine. A la chaine de causalité circulaire.

Circulez! Y’a rien à voir! si ce n’est encore les réverbères, les réverbères, les réverbères…

Prochain arrêt: métro C. Direction ? Aucune idée. Où va-t-on ? Quelque part – un horizon troublé de destinations indifférentes. Qu’est-ce qu’on veut ? Autre chose. Pourquoi ? Parce qu’au premier jour de glace il y avait un écriteau disant : Assieds-toi! Tais-toi! Sors ta trousse! Écris tout! Retiens tout! Comprends rien!

Alors on passe la nuit debout, et le jour, on dort, debout, aussi. La nuit debout ça veut dire la chouille dehors, peut-être ça mène à rien mais bon, comme tout le reste.

« Il n’y a plus rien! disait Léo. Il n’y a plus plus rien! »

L’espoir, on le cultive avec du froid, du silence qui parle trop, des matraques en silicone et des armées d’automates, d’entrepreneurs et de mercenaires payés rubis sur l’ongle pour qu’on soit tous coiffés à coup d’scalpels, et pis surtout qu’on la ferme! et qu’on s’y fasse à l’insomnie, le nez plongé dans l’oreiller et qui répète « Y’a rien à faire… Attends! » Alors j’attends la fin du monde dans une cellule capitonnée, tombeau trois étoiles et vampire triste.

Et les bombes? Rien à foutre, de toute façon on mourra jeune, c’est sûr, avec tout ce qu’on s’enfile dans le cornet juste pour oublier l’ennui. Mais l’ennui, on le fera taire, la nuit, debout!

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Al Gorythm – 31 Marx – 106 mars

perchés
sur les micros des cheminées
ils guettent avec des yeux incrustés d’étoiles mortes
une bave abjecte à la plume
notre agonie
ils veulent trancher la tête
du long serpent des révolutions
qui rampe doucement à travers l’Histoire
de Spartacus à Robespierre
de Louise Michel à Allende
mais depuis toujours
nous sommes les plus nombreux
parce que nous sommes les inventeurs

vous êtes une révolution de fourmis lancent­-ils
des vociférateurs de places
laissez les grandes personnes refaire le monde
laissez la télé parler pour vous
laissez les gremlins vous représenter
de leurs balcons
c’est eux le peuple pas vous
d’ailleurs
si le message n’est pas entendu
nous avons prévu que de notre anus mondialisé
sortent des pets lacrymogènes bien sentis
vous êtes violents casseurs et rétrogrades
nous sommes le progrès la modernité en marche
la synthèse d’Uber et de Zola

oui
on n’est pas beaucoup sur la place
mais on est nombreux dans le monde
depuis toujours
on est nombreux
les plus nombreux
de Toussaint­Louverture à Rosa Luxembourg
de Babeuf à Che Guevara
je le sais
car c’est mon poème qui me le dis
il ne se trompe jamais
c’est un périscope qui permet de voir de côté et même de loin
l’avenir
ça donne du champ un poème
ça permet de respirer autrement
ça fait aimer les gens
ça fait voir des tulipes
à la place des pots d’échappement
et le ciel à la place du ciment

si on ne se connaît pas tous
on se reconnaît entre tous
les porteurs de poèmes
on sait qu’on a déjà vécu cela
cette respiration
et qu’après nous il y en aura d’autres
ne faiblissons pas
lançons toujours nos dés nos flèches
qu’importe la nuit
la dialectique des vents
trouvera les mots pour se retrouver
à chaque soir bien sombre de la terre
où que nous soyons dans le monde
il y aura toujours une nouvelle Commune

ne pas craindre
de fatiguer les mots
Marx à moteur
Marx kérosène
Marx fantôme qui ressort de son lit-­béral
Marx à ressorts comme le diable dans sa boîte-poubelle
Marxpédia
Marxtweet
Marxbook

la religion du capital
veut brûler le code du travail
vivent le 31 marx et ses enfants
que dans le gris s’élève
le soleil à barbe de l’humanité
on l’a échappé belle
le 1er avril n’eut pas été crédible

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Khalid – Doigt d’honneur – 106 mars

Une virgule et un point, un point et une virgule, point-virgule et un point, une virgule et un point d’honneur.
Une virgule à l’inverse, puis des mensonges mélangés avec de l’eau et des paroles d’honneur,
Un regard, une lumière qui murmure que c’est trop tard et des acteurs ringards,
Un autre regard, la lumière part et un bon acteur qui se lève, déchire ses vêtements et lance son doigt d’honneur,
C’est beau, c’est fort et ça sent les fleurs,
C’est beau, c’est fort et ça mérite une médaille d’honneur,
C’est beau.
C’est un oui !…
Un doigt d’honneur qui dit oui, oui, oui en inspirant, il est plus doux, plus beau, linéaire et différent,
Un doigt d’honneur qui fait battre le cœur et crée un sentiment différent,
Un sentiment d’angoisse souriant,
Un sentiment d’une pluie qui tombe dans la gorge du poisson,
Tout au fond de la sombre gorge du poisson… rouge,
Tout au fond de l’œil… rouge,
Tout au fond de la couleur rouge,
Rouge…
Une virgule à l’envers, un point rêveur et un doigt d’honneur,
Une virgule, les nerfs se forment, un point nageur et un doigt d’honneur,
Une virgule, les nerfs se forment, un monstre ça forme, un point sans sens, sans but, sans couleur et qui lance son magnifique doigt d’honneur,
Rouge…
C’est rouge
Un doigt rouge, indiscutable et qui porte un nom, un visage,
Un doigt rouge, au-dessus de la table, écrivant une fin au milieu de la page,
Un doigt
Rouge
Noir
C’est noir,
C’est un point, un espace et des spectateurs
Un point et la lumière qui meure,
Noir
C’est noir,
C’est Un doigt d’honneur qui porte le savoir.

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Olivier et cie – Nous nous sommes rassemblés – 100 mars

Nuit debout, Place de la République

Nous nous sommes rassemblés
car les mots ne sont plus
ce qui nous libère
Ils sont les convois marchands
arraisonnés pour une terre sêche

Nous trouverons ensemble
les mots qui hissent
le système jusqu’à la pente
Le système ivre de
ce qui le prive de son sens
Nous nous rassemblons
parce que la parole
est sacrée,
quand elle se délivre

Nous nous rassemblons
parce que nos corps veulent
vivre nos pensées ensemble

Nous nous rassemblons
parce que les mots
iront au delà de nos pensées,
si nous les disons ensemble
au delà de nos peurs
qui nous divisent

Debouts face à l’incompréhension
d’un monde sans mots,
ou avec trop de mots
qui nous perdent et nous divisent

Caresser aussi par cette envie de parler,
les mots multipliés,
les mots Debouts qui délivrent.

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Yoam – Occident – 100 mars

Je viens de l’Occident…



Là où le mal-être règne et où la grisaille nous oppresse…

Là où l’on aime tous à se démener, dans des vies surchargées, encombrées, de tout un arsenal d’occupations aussi vaines qu’inutiles…



Là où l’on se retrouve tous à courir, à se précipiter et jouer des coudes, pour tenter inlassablement d’arracher le même petit bout d’horizon…

-

Chacun vit dans son monde, à cultiver son propre « je »…


Si bien que lorsqu’on nous met ensemble, collectivement, cela ne donne plus qu’un choc frontal de petites bulles, hermétiques et stériles, se livrant bataille et n’aspirant qu’à une chose : gonfler… gonfler encore et toujours plus… ! 

…

Mais éclateront-elles un jour… ?!? « 

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PangO – A la rencontre d’Aurores – 82 Mars

A la rencontre d’Aurores

Tu te souviens de cette soirée ? J’étais presque venu par hasard, je t’avoue, je trainais même des pieds… Avec le temps, on perd confiance… On ose plus vraiment…
En toute confidence, j’avais peur, peur d’être déçu, peur de ne pas être à la hauteur, encore une fois… une énième fois…

Tu te souviens de cette soirée ? Il y avait eu ces mots, ces quelques mots, chaleureux, rassurants, qui subitement nous avaient entrainés l’un vers l’autre.
Sous les lumières tamisées de la Place de la République, un petit cercle d’une dizaine, d’une centaine, les mains fiévreuses, nos beaux idéaux s’ajustaient, convergeaient… Et plus loin que les mots, nos cœurs et nos rêves battaient en échos de toutes ces promesses d’aurores à venir.

Tu te souviens de cette soirée ? Je crois qu’on s’est aimé dès notre premier regard – Nos idées, que dis-je nos émotions, libérées ont jaillit en concert dans la nuit – comme des amants oubliés enfin retrouvés. Je est toi, toi et moi sommes nous, lui et elle et nous enlacés de fraternité, d’humanité, de liberté !

Tu te souviens de cette soirée ? On était une poignée, mais des rêves par milliers – On voulait le changer ce monde ! Et en vérité, avec toi, je m’étais enfin (re)trouvé !
Tel que… je suis vraiment… Tu sais, tout au fond moi… Pas ce personnage… cet emballage, ce maquillage superficiel, tout juste médiocre aux yeux de la société…
Non, ce soir-là, j’étais vraiment moi, heureux, entier et vivant, vivant comme jamais !

Le jour d’après, on s’est retrouvé ! Et puis, encore et encore ! Chaque soir ! Et comme un écho de vie partagé, nos éclats de liberté se sont propagés ! Des milliers et des milliers à scander l’éclat des aurores à venir; partout à Paris, en France, en Europe ! Et Mars sans plus s’arrêter prolonge ses jours printaniers ! On se ressemble, on s’assemble.

Tu te souviens de cette soirée ? On a vu tant de choses depuis… Des roses et des fraises fleurir dans un potager improvisé, des savoirs et des chants bondir sur chaque pavé, tant d’humanité retrouvée…
Mais, il y a aussi ceux qui tentent d’asphyxié la liberté ! Ces vérités déformées qui germent comme une gangrène… Tu les entends ces habitués de la lumière… Ils méprisent ces lueurs qui jaillissent. Et Ils déforment, amalgament, éludent – Sans jamais douter de leur légitimité.

Et toi derrière ton écran. Tu l’entends ce sursaut révolté dans ton cœur ? Cette révolte intérieure qui gronde face à ce monde dépassé. Tu en as déjà tant rêvé de cet ailleurs…
Tu l’entends ce sursaut révolté dans ton cœur ? C’est l’heure ! Laisse-le te soulever, t’inspirer, créer, assembler, rassembler, coopérer.

Sache que nous aussi, nos cœurs bouillonnent d’envies ! Et qu’on fera tout notre possible pour offrir une chance à demain d’exister.

Les lumières de demain sont les étincelles qu’on ose risquer dans l’obscurité ambiante… Les lumières de demain sont ces salves dans lesquelles on ose croire qu’on pourrait tout changer…tout changer… Les lumières de demain sont les milliers et milliers de lueurs, multiples et variés, nos actes assemblés qui distillent les premiers éclats des aurores à venir !

PnG Mai 2016

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Alexia – Les regards sont glace – 78 mars

Les regards sont glace quand ils passent dans les gares
Et les gares sont vide d’âme
Les âmes sont vides d’émotions
Et les émotions de profondeur
Aigreur qui les remplace
Une froideur tenace,chaleur ensevelie
Sous un lit de fleurs fanées
Coeurs abîmées ,ensanglantée ,flamme n’existant plus
Les gens sont froids
Oh desarroi
Dans cette gare morte,aux regards vides
Et les rides se dessinent sur ces visages gris
Exister sans vivre ,existentiel question
Sous un ciel recouvrant le néant
Et les désemparés,mendiants ou marginaux sous le regard maudits de ces antipathique
Oh rage profonde ,nuage de sang ,apathique humain n’ayant que routine comme destin
Regardera tu les yeux de l’inconnu
Brûlera tu de désir ,je veux lire en toi âme desarroi
Oh cris ,oh cris de l’incompris
Oh bruit masquant le vide,bruit qui n’est qu’enfaites vacuité immense comme dans un jardin ou roses et muguet ne poussent mais pourrissent comme l’épave ,le corps délavé de sa vie
Alors terrien de paix ,détruit l’arme et le regard noir, respire, il est tant de respirer , de respirer ,de rêver,il est tant d’ouvrir ses paumes et de croquer les pommes oubliés
Pommes juteuses
Il est tant d’aimer la fleur et non de marcher dessus
De remplir les rues de folie , de danse ,de ridicule,d’absurde,oui de folie aussi grande que le soleil
De brûler encore et encore jusqu’à mourir de joie ,brûler de désir jusqu’a devenir le feu et non la glace ,de réchauffer la place de ces coeurs voulant revivre
Il est tant de pleurer,de larme de joie ,d’émoi ,de vie ,des larmes de tout ,des rires ,des rires qui font rejaillir la flamme enfouie
Car le néant n’existera plus si de tes yeux tu les remplie,si de tes mains tu fais renaître la paleur de cette page ,si tu aide ce naufragé car quand on veux on peux ,car cela te prendra du temps oui peut être
Mais tu refera naître enfin la vie ,car il est temps de revivre ,tant de crier sous le soleil
Car il est temps de séparer les haix ,de faire la paix et de faire l’Amour à la noirceur pour lui redonner le sourire

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Monde Libre – Bonjour le club des esprits debout – 78 mars

Bonjour, le club des esprits debout,

et merci, messieurs les mégapatrons!, mesdames les métanationales! ,merci de nous guider de votre superdomination. A vrai dire, nous sommes bien verts encore derrière les oreilles. Nous ne savons rien, et cherchons à tâtons, en aveugles, depuis des siècles et des millénaires…

Nous ne savons même pas quelle est la bonne question, c’est vous dire si vos gigaconvictions ont été bien reçues.
Merci de nous parler du bien vivre ensemble et de nous proposer des formules. On aime bien les langages et les codes.

Merci de vos échecs si constants et répétés, si manifestes que leur
simple évidence coûte des PIB entiers à travestir. Merci d’avoir
démontré au-delà du doute possible le malheur contenu dans votre
sagesse. Nous savons désormais massivement que ce n’est pas la bonnedirection. Nous ne vous serons jamais assez reconnaissants pour cette leçon. Merci d’être aussi lumineusement réfutables, merci d’indiquer si bien l’erreur.

Voici venu le temps d’une autre dynamique. Sacrée Roue de la Fortune! ^ ^

On avance d’un pas, on recule de deux, on saute de trois sur le côté, on revient sur de vieilles pistes, on les revisite et les traverse, on
avance, on se plante, on se relève, on apprend sur le tas, quoi. Nous
sommes une espèce cheminante, chers teramaîtres, et nous explorerons encore bien des chemins à venir.

Ce weekend, nous musiterons justement une ch’tite update à la
Constitution – nous parlons de celle à laquelle nous désirons adhérer, pas de celle que vous tenez enfermée sous cadenas et hors d’atteinte.

Encore une fois merci et à la prochaine, chers virus, nous vous
tiendrons au courant des vaccins.

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Rebecca Behar – Nous traverserons le fleuve de violence – 78 mars

Nous traverserons le fleuve de violence
Migrant de forme en forme
Mécaniques errantes ou prismes flottants
Nos jambes à l’unisson du vent

Ceux qui lacrymogent, acidulent, vitriolent
Les bravaches, les ganaches, les bombes H
Les lanceurs de boulets
Les casseurs de gueules
Les poulets
Les matraqueurs du dimanche et jours de grève
Les ceusses du régime carné
Buveurs de sang pas bleu, pas vieux
Les écrevisses en délire,
Les chacals de tous poils
Les XYY
Les truands vérolés
Les machos des tortures
Nous passerons entre
Comme les étoiles du Dragon entre les deux Ourses

Le bleu les aveugle, les rend boutonneux
Le jaune leur titille la rate, les rend goutteux
Le rouge leur fait voir rouge et les voilà coincés
Nous vendrons des pinceaux magiques
Pour vengeance hystérique
Nous pincerons des guitares enchantées
Et ils auront le cul botté

Salut au bouquet d’images
Notre soleil tourneboulé
Nous avons des yeux pleins les poches
Même qu’on leur en donnera
Quand ils seront sages
Quand ils seront morts

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Poète ? – Lucie Dumas

La poésie est partout.
La poésie ne se laisse pas convaincre par le capitalisme.
Le capitalisme n’est pas convaincant.
Les convaincus ne font pas dans la poésie.
La poésie existe parce que le capitalisme existe.
Dans une société post-capistaliste, on écrira de la post-poésie.
Il est inutile de convaincre un poète
   en lui disant qu’il fait de la poésie,
   puisqu’il est convaincu que la poésie est inutile.

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Paul Gourdon – Il est des poèmes – 74 mars

Il est des poèmes
Comme des caisses à résonance
Qui vibrent les mots sur nos torses
Et ces mots nus
Alignés
Verticaux
Sont la liste des courses qui nous restent à souffler
J’ai déjà dit Paris
Jamais écrit
Comme si je devais parler de la main qui tremble le texte
Je n’ai jamais dit Paris
Dans un poème
Ou alors c’est tombé par hasard
Ce qui est important est toujours en dehors
De la poésie
Ou au centre
Plutôt
Je n’ai jamais dit Paris
Pour mieux tourner autour
Et y poser mes pattes
Petite pieuvre d’amour
D’autres mots doivent être écartés
Comme soleil ou ténèbres
Habitudes d’un autre temps
Comme coeur ou comme veine
La chance
Et le ciel
Et Nuit surtout
Paris des yeux
Aux alcools du matin
Révolvérons ces mots
Et Liberté
C’est pénible dans un poème
À dos de ticket de caisse
De marquer liberté
Et toi, lui, elle
Ou Paris à contrecourant
Lumière et ville
Aussi
On peut s’en passer
Mort
Trop attendue
À virer aussi
Avec les saisons
L’Automne oblique
Et tous les paysages
Qui se posent en ordre
Le long de la page
Et puis le mot en F
On a dit France
Ou Froid
Ou danse
Il faut révoquer Solitude
Solitude
Toute seule
Pour la laisser dans la foule
Et ville-lumière
Mais on se répète
Paris-Nuage
Orage ou muette
Bougie encore
Ou tout ce qui brûle
Même le givre
Poème ou brume
Encore que nuit pose plus de problèmes
Avec amour
Qui sonne si fuite
Révolvérons ces mots
Silence
Réamochons ces mots
Mer ou fleuve
Et ce qui coule pour noyer peine
Ou carnage
Répétons ces choses
Non
Répétons les vieux gestes
Lignes
Courbes
Rayons
À plonger dans la terre
Parole ensablée
Ou femmes assoupies
Ou Paris
L’alarme à l’oeil
Au chant des sirènes
Et larmes
Et larmes
Et larmes
Larmes
Et si notre peine est capitale
Faisons le pari
Qu’elle gagnera nos corps tout entiers
Circulant, plein verre
Comme la joie et la révolte
Dans un jour pâle mais chair.
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Sébastien – (Devant l’assemblée #49.3) – 71 Mars

I.

Ils usaient de leurs rames de fer pour traverser la vague, méconnaissent la ténacité de notre tempête et leur naufrage
#49.3 ‪#‎PoesieDebout‬ ‪#‎NuitDebout‬

II.
Et dans leur temple au fronton démocratique, ils nous voient maintenant chasser les marchands, et porter à leur porte la guerre des rêves

III.
les digues n’étaient que dorures de pacotille, rutilantes et vides. Rien ne coupe plus l’idée que l’entropie des élites.
Pourtant nos vagues ont déjà traversées.

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Romuald – L’anar est jardinier – 68 mars

Il y a des temps
Où la terre s’efface
Au profit des petits hommes
Où les petits hommes s’effacent
Au profit de leurs crimes
Et le reste des jours
Les crimes se cultivent
Au plus profond des sols
L’on y charrie des corps
Des âmes et des villages
Aux enfants à l’hideux ventre vide
L’on y sème du béton
Du vulgaire sans avenir
L’on y cloisonne l’espèce
Pendant que d’autres meurent
L’on chie de la violence
Comme une diarrhée sans fin
Assistant, bien assis
Au fond d’un lupanar
À la décrépitude
On lorgne par la fenêtre
Aux vieux volets fermés
Le jour de notre naissance
Ce qu’on devine du monde
La manne de quelques-uns
Assassine à peu de frais
Sous caution du facile
Le destin imbécile
Que seuls certains écrivent
Il y a aussi des jours
Où la terre s’avachit
Sous le poids de la colère
Elle gronde, elle tremble
Ne sachant reconnaitre
Sa peur de sa terreur
Mais il y aura un jour
Où tout disparaitra
Où s’étaleront, usés,
Dans les rues enflammées
Les corps des fainéants
Des sans idées
Des paresseux
Qui n’auront cru en rien
Qu’en leur télé, leur vin
Leur jeu et leur jardin
Et vous me direz peut être
Que je ne peux rien y faire
Et vous non plus d’ailleurs
Ne faites pas taire mes larmes
C’est tout ce que je demande
Mirez-vous dans cette eau
Sorti du fond d’un cœur
Voyez-y votre chagrin
Dites-vous que vous n’êtes pas mort
Pas encore, pas demain
Allumez-moi les hommes
De la grâce qu’ils ignorent
Faites sortir les corps
Que l’on juge le présent
Je veux un tribunal
Fait d’os et de remord
Je veux un tribunal
Ou n’existe qu’une seule peine
Celle la folle honte
Qui vous pousse à bâtir
Des autels pour demain
Pas les cimetières d’antan
Nous serons tous coupables
Perdu dans le vaste funeste
A cracher à la face
De nos identités
Celles violées par les pères
D’un monde anthropophage
La tourmente s’installera
Le chaos poussera
Comme une mauvaise herbe
Amenant avec lui
Des graines de salut
Qu’il faudra cultiver
Dans l’ancienne terre des hommes
Et un peu dans nos corps
Elles germeront
Par un jour d’hiver mort
Eclairées par le ciel
Et le soleil rasant
Nos visages souriront
Comme un lointain souvenir
Des êtres que nous étions
A l’âge de dix ans
Et à grand coup de pelles
De pioches et de massue
Nous casseront les coffres
Ou s’enferment nos rêves
Nous les mettrons en terre
Attendant patiemment
Que les autres en profitent
Nous serons morts déjà
A l’aube des premières fleurs
Si nous semons pour nous
C’est le cycle infernal
Qui reprendra le chemin
Nous n’aurons rien appris
Les villages repousseront
Les ventres gonfleront
Les pères revendiqueront
Le sol se remplira
De ceux que l’on ne veut pas
Accueillir ou simplement nourrir
Et nous seront dévorés
Une nouvelle fois
Sans excuse
Sans justice

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François – (Deux nuits en prose) – 62 Mars

Troisième nuit

Nous ne cessions de fixez nos guenilles, et chaque jour à faire carême, à louvoyer, de la base au sommet. Et à chaque fois nous rappliquions : « qu’ils contremandent ! Qu’ils contremandent! » Cependant, le peuple demeurait enclin à gravir pour tomber, en abannation quinquenale. Et eux vert ­de ­gris, comme d’antiques sculptures en pavane, pantomimes avec leur gestes de menace et de mansuétude, qui fort lignent de pères en fils ! Imaginons maintenant qu’ils se dévêtent de leur image, peu me chaut que cette famille s’éteigne à jamais, car de leur fait une longue nuit recouvre le paysage urbain. Mais c’est un noroît qui s’est levé pour replier définitivement les planches de leurs tombes. Que l’on oublie l’ignoble puanteur de ce corps, en refermant sur ses mains purpurines qui agrippent encore, le couvercle d’un nouveau temps ! Sous la gangue corrompue, le minerai sans linéaments que chacun pourra toucher. Dans l’incertitude des lueurs, chacun s’ourlent de trilles impalpables qui rendent grâce à nos ténèbres diaprés, car les supplications ont pris fin, les nôtres et les leurs.

 

quatrième nuit

Quand le vacarme ploie dans la vastité, les dalles vrombissent un instant et les volutes de tabac forme une buée qui recouvre la parole d’une foule rare qui pense. Au creux de toutes ces oreilles, un mystère à surprendre parmi les rides qui se replissent au fond de ces paupières mauves et herbeuses, dont l’élément le plus infrangeable se trouve en leurs fors, dans la combe amusée et les falaises qui se froncent. Notre source aux cernes sera leur vénéfice, ainsi rendus malades par l’écho de la vallée, la nuit exécutera jusqu’à l’aubade des premières lueurs.

 

 

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