Archives pour la catégorie prose poétique

prose poétique

Isabelle – Fleurs Nouvelles – 55 Mars

Un soir de printemps, il y eut des fleurs nouvelles, de celles qui n’étaient pas là au jour d’avant et poussèrent dans la nuit. Les vents puissants les voulurent d’abord courber, mais elles ne fléchissaient point. Fières, elles dardaient leur tige vers le ciel, espérant de la pluie faire fleurir le soleil. Offrant leurs pétales aux nues, elles se paraient de couleurs étincelantes et diffusaient en ondes s’élargissant leur parfum suave saveur, comme une chanson l’air de rien, une mélodie évidente qui s’installe, fragrance entête point au jour. Aux fleurs nouvelles, les vents sourirent alors, tout changeait : partout où les yeux se posaient n’étaient que jaune, bleu, mauve, orange, blanc, rouge, vert… les places des champs de jonquilles, de campanules, de tulipes, de muscaris, de jacinthes, d’iris, de coquelicots, de lilas. Révélant un monde nouveau, le printemps fleurissait en ravissements. Le soleil brillait de mille feux, les fleurs nouvelles avaient eu raison de la pluie. Elles s’épanouissaient au regard ardent de chacun, elles étaient la vie.

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Audrey – Le rythme – 54 mars

Je vis avec un petit rythme.
On ne se connaît pas bien encore.
Mon petit rythme me fait rêver
D’une vie tranquille et reposée.

Mais petit rythme se sent peu écouté.
Alors souvent il se rebelle
Et en moi tire les ficelles
Et ça me tiraille de partout.

Aïe, ouille, j’ai mal ici
Et ça coince là!
Mon cerveau tricote de gordiens noeuds
Et de la buée floute mes yeux.

Petit rythme est fatigué
De toujours tirer sur les ficelles.
Il aimerait de tout son coeur
Que je l’écoute enfin sans peur.

Moi, je suis toute perturbée
Le monde a un grand rythme en effet!
Il voudrait qu’on tourne vite, très vite
Et tous sur la même cadence.

Le monde a une grande bouche
D’où sortent ses idées.
Elle en produit au kilomètre!
Le monde a un grand rythme en effet!

Le monde est très prosélyte.
Il a réussi d’ailleurs
A me faire tout gober,
Que son rythme effréné
Serait la clé de mon bonheur.

Au risque de n’y parvenir
Il s’est fait culpabilisant
En tous les jours appuyant
Sa vérité inquestionnable.

Petit rythme est bien fatigué
Mais il est toujours là, vaillant
Parant à tous mes manquements.
Aujourd’hui j’apprends à l’écouter
Car de mon expérience j’ai bien dû noter
Que ce grand rythme n’était pas adapté,
A moi, ma bien aimée.

 

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Audrey – Finkielkraut mon ami – 53 mars

Alors comme ça on te vire, mon ami
Tu es venu, la fleur au fusil
Et on te fustige !
Je ne crois pas en ta bienveillance
Comme je ne crois pas en la leur.
Si je pouvais t’étrangler de mes propres mains
Je ne le ferais pas
Pourtant qu’est ce que j’en ai envie !

J’ai réfléchi, j’ai pensé qu’il fallait
Que tu vives,
Et sur cette place, que tu parles.
On a bien besoin de cracher nos problèmes
Sur toi, sur d’autres,
Même si des cons vous êtes trop.

Alors on a privatisé la place ?
Nous l’ouverture, nous les possibles ?
Alors on a viré Finkelkraut?
Bien. Quel sens de la démocratie…

Que feras tu, ô constituante
Quand enfin tu obtiendras le pouvoir ?
Bouteras tu hors de France
Toutes celles et ceux que tu ne peux souffrir ?
Les patrons ?

Les intellectuels de droite,
Les actionnaires,
Les bourgeois,
Les religieux,
Les racistes,
Les médias,
Les politiques,
Les pollueurs,
Les individualistes,
Et tous les méchants ?

Prends garde, constituante, que tu ne te jettes toi aussi hors de tes frontières.

De quoi as tu peur, constituante,
A laisser un bouffon s’exprimer ?
Que crains tu donc ?
De te découvrir de droite à la fin de son discours ?
Shame ! Shame !
Ou que toutes celles et ceux qui t’entourent
En aient la révélation,
Et que tu te retrouves seule, à crier « Révolution ! »

Que crains tu du bouffon
Ô constituante ?
Qu’il ouvre le débat ?
Qu’il te fasse cogiter ?
Qu’il t’enface tes contradictions ?

Qu’as tu à gagner, constituante,
A rester dans la chaleur de tes acquis,
Et dans la propagande de l’  « amour solidaire » ?

Tu dis que tu n’as pas peur d’eux,
Alors laisse le donc parler !

C’est un citoyen,
Il prendra son ticket pour son tour de parole,
Il écoutera debout, dans le froid,
Ou assis au milieu des gauchistes.
Il attendra comme toutes et tous,
Et s’exprimera 2mn, comme les autres.

N’est ce pas plus grand humiliation,
Pour sa grande personne
Que d’être ramenée à l’état
De simple citoyen ?

Ne te raidis pas, constituante,
Tu en oublierais tes valeurs
Si souvent scandées,
Et n’aurais pas dans ton âme,
L’ouverture essentielle
Aux solutions que tu cherches.

Constituante, es tu prête maintenant,
A regarder ton cœur,
Tel qu’il est vraiment ?

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Bruno – Drapeaux – 53 mars

Ce sont les couleurs
Mais les cheveux si libres
Qui flottent
Haut, sur le mât,
Attachés en chignon
Elle seule le sait.

Qui comprendra?

Le noir s’élève
Ta pâleur y fait face
Tu chancelles.
Aveuglé par ce rouge
Drapé de blanc où se mêle l’azur
Hier voilant les faces
L’ennemi s’y révèle.
Elle seule le sait.

Mais cette croix
Cette croix qui s’y joint
Arrache-la!

Diaphane à deux mains
Elle s’attache au mât
Le noir de clous percés
Flotte au vent qui se lève
Ô ma sœur,
Quelle mouche t’a piquée?
Embrasse-moi mon frère!
Elle seule le sait.

L’orage s’annonce.
Un rauque roulement
Et le ciel obscurci
Replient de la couleur
Le panache inquiétant.
La croix s’efface dans le drap
Et roule une invisible larme
Elle seule savait.

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François – 1ère nuit – 53 mars

à J.

À cette place, j’ai rencontré mon passé dans le visage d’une adolescente. Ses mains et les miennes redécouvraient, en rêve, l’instant d’une authentique rencontre des corps amoureux.

Pour moi, c’était « les peaux diseuses » et, dans sa bouche d’écrit, « les paumes », l’ « indicible » et sans doute l’étirement du temps, grâce à la plénitude.

Et ses limites aussi sont rongées par une tristesse esthétique, et par l’appel mortifère des étendues. Nous sommes menacés par ce ressac incessant et captés par le spectre inamassable de l’écume. Jours après jours heurtés par ce monde balisé.

Moi, je n’attends plus le surgissement des rêves. L’État m’a brisé. Je retrouve à peine les éléments primaires de ma cosmogonie.

 

 

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Audrey – La place – 52 mars

Je ne sais pas,
Je ne sais plus,
Une envie d’être en colère,
Et puis…

Je ne sais pas,
Je me demande,
Où être et où aller…
Mais…

Je ne sais pas,
Je sens que je suis à ma place,
Mais c’est ma place
Qui n’a pas de place,
Ou peut-être tout plein
En fait…

En fait j’ai jamais eu autant de place,
En fait je suis libre,
J’ai jamais été aussi libre,
J’ai jamais été aussi sûre
D’être à ma place.

Trouver sa place,
Sur une grande place,
Ici ou là, trouver du sens,
Ici et là.

Ma place est mouvante,
Elle n’est pas ici, ou là,
Elle est ici, et là,
Selon que je suis ici, ou là,
Elle me suit,
Elle est moi.

C’est confortable
La liberté.

Je ne peux pas être
Partout,
J’aimerais moi être partout.
Tant pis, je ferai avec ma place,
Si petite, si invisible,
Si inutile, pour certain-e-s.

J’étais à ma place,
Et j’ai pu ainsi
Faire de la place à d’autres,
Qui ne cherchaient pas une place,
Qui vagabondaient,
A la recherche d’une place
Provisoire.

Ils et elles ont pris un peu de place,
Et s’y sont senti-e-s bien,
Dans leur place, qu’ils et elles voulaient
Provisoires.

Finalement,
Quand on est libre,
On a beaucoup de place
Pour les autres ;

Pour se sentir libre,
Avant tout s’être fait une place,
En soi.

 

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Orkhev – La Républicaine – 52 Mars

Citoyens de la République Prenons parole dans la Cité Gardons-nous des menteurs chroniques Aujourd’hui nous sommes Rassemblés (bis) Peuple informé, vient faire éclore Monter ce murmure grandissant Qui de la nuit espère l’aurore Des même décors, prenons notre essor Debout ! Créons demain Debout ! soyons Tribuns Chantons, Chantons ! A l’unisson Célébrons notre Union !

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Audrey – Respirons – 50 Mars

Ici c’est ouvert,
Ici mes problèmes s’effacent
Parce que mes problèmes sont fermés
Sans solution
Ici on crée des possibles
On crée des ouvertures
S’ouvrir, respirer, vivre.
Vivre c’est ouvrir des possibles
Ensemble.
Les problèmes sont personnels.
Et ils sont aussi communs.
Faisons de nos problèmes personnels
Des problèmes communs
Et de ces problèmes communs
Faisons en des possibles.
Créons ensemble des possibles
Respirons
Et finalement
Vivons!

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Camille – Le porte voix – 50 Mars

Eh, sentinelle,
Que dis-tu de celle là?
La nuit se dresse parmi les hommes
A peine elle voile
Le regard de l’assemblée
Au contraire
Elle éclate
D’une noirceur rayonnante
Contrepoids des visages de pierres
De la stratégie du pourrissement,
Et de l’attente
La terre sous nos pas est parsemée de prières
Et les désemparés
Venus chercher sur le marbre un peu de réconfort
Ressemblent à une église aux airs de révolution

 

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Audrey – La place – 50 Mars

Je ne sais pas,
Je ne sais plus,
Une envie d’être en colère,
Et puis…

Je ne sais pas,
Je me demande,
Où être et où aller…
Mais…

Je ne sais pas,
Je sens que je suis à ma place,
Mais c’est ma place
Qui n’a pas de place,
Ou peut-être tout plein
En fait…

En fait j’ai jamais eu autant de place,
En fait je suis libre,
J’ai jamais été aussi libre,
J’ai jamais été aussi sûre
D’être à ma place.

Trouver sa place,
Sur une grande place,
Ici ou là, trouver du sens,
Ici et là.

Ma place est mouvante,
Elle n’est pas ici, ou là,
Elle est ici, et là,
Selon que je suis ici, ou là,
Elle me suit,
Elle est moi.

C’est confortable
La liberté.

Je ne peux pas être
Partout,
J’aimerais moi être partout.
Tant pis, je ferai avec ma place,
Si petite, si invisible,
Si inutile, pour certain-e-s.

J’étais à ma place,
Et j’ai pu ainsi
Faire de la place à d’autres,
Qui ne cherchaient pas une place,
Qui vagabondaient,
A la recherche d’une place
Provisoire.

Ils et elles ont pris un peu de place,
Et s’y sont senti-e-s bien,
Dans leur place, qu’ils et elles voulaient
Provisoires.

Finalement,
Quand on est libre,
On a beaucoup de place
Pour les autres ;

Pour se sentir libre,
Avant tout s’être fait une place,
En soi.

 

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Laurent – Comment sais-tu l’avenir ? – 50 Mars

Comment sais-tu l’avenir?
Avec une boule de cristal ?
En projetant des courbes comme les économistes?
Demain, je peux bien me faire écraser par un train,
tu peux me comparer à un chien,
cela n’y changera rien,
j’aspire à voir Demain.
Si de payer pour les autres t’en as marre,
Alors arrête avant qu’il ne soit trop tard,
assume ta position,
il faut faire la Rêvolution
De continuer un système absurde nous avons tort,
Il y fait nuit dedans,
Il y fait nuit dehors,
Il nous vole tout notre temps,
arrêtons-le jusqu’à l’aurore
Prenons ensemble la liberté d’entreprendre
chaque jour,un meilleur avenir à chacun.

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Erell – A République – 50 Mars

C’est magique à République, même si les crs claquent, ça s’rassemblent en clique, sans perdre la face.

Des clics clacs sur la place, réunion publique et mouvement de masse, déclic d’une jeunesse de tout âge qui flippe pour sa place.

Dans cet espace, ça s’bouge, c’est efficace, y s’passe des choses inexplicables, regarde en face, ça change enfin.

Ça cherche des fins durables, pour ce système si peu serviable qui t’efface et qui t’écrase c’est dans sa vase tu t’enlises.

Eux t’accueille pour qu’tu tires de là, On vaut mieux ça, c’est pas normal qu’on s’retrouve là, sur les pavés d’cette capitale comme des épaves.

Grève pour ne plus être esclave, rêve général, faut qu’on en parle, l’heure est grave ou plutôt rare, merci à ceux qui encourage.

Cette décision d’révolution spontanée, ça peut passer vite comme ça peut être à vie, à toi de gérer ton propre avis.

Si tu veux, c’est l’moment d’sortir et d’venir soutenir cette folie d’espoir en feu qui gagne chaque jour en puissance.

C’est délirant ça prend un sens, ça parle à tous, c’est l’existence qui s’joue pour tous sans exception.

Jamais seul ici, ça vie, ça s’avise d’s’intéresser à son prochain, ça grandit gentiment, pas d’pouvoir prédéfinit, on veut construire.

Même les « gardiens d’la paix » s’perdent, face à cette foule qui ne fait qu’un, Nuit debout, beaucoup déboule, ici tout roule.

Tous les problèmes y passent, on ne se voile pas la face, on est conscient qu’c’est important et qu’toute sa vie faudra assumer.

Ce soir ça continue, demain ça continu, encore et toujours plus de vues, de venues, c’est devenu incontournable.

C’est censé durer jusqu’à qu’on craque, ça devrait marcher y’a qu’des gens baraque, du cœur, qui s’aime juste parce qu’ils sont là au même endroit.

Dans le même combat, même ceux qu’on ne reconnait pas, on leur parle, paraît qu’ça ne s’fait pas entre les 75000 murs gris d’cette capitale.

A chacun sa manière de communiquer, c’est comme ça qu’ça s’passe, quand y’a pas de règles faut jouer que les As.

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Pierre – Pour un flic de Stalingrad – 50 Mars

Tremble ! Oh marmiton de flic
Ton chef, on va lui tomber sa toque
Oh sentinelle aveugle
Tu ne sens pas que tu te fais enfler
Ta paye minable et des entailles plein ta vie
Tu n’entends pas ? ton fils ou ton neveu
qui se fait tabasser
Ta femme est un fantôme
Et toi tu reste là
Campé comme un migrant
Qu’est-ce que tu te racontes ?
Tu pues le dépit
dans ton déguisement
avec ta matraque molle et ton autorité fébrile

 

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Vincent – Monsieur le Président – 50 Mars

Monsieur le président, tous mes remerciements. Nous peuple des sans dents, et tous nos descendants, bien que tous différents, sommes unis à présent. Car pleinement conscient, que vous nos dirigeants, n’êtes que des mécréants, cerbères omniprésent, des lobbies de l’argent. Merci msieur l président, il était vraiment temps.

 

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Jennifer Lavallé – Les abeilles – 28 mars

Les abeilles et la biodiversité sont en grand danger

Une députée nommée abeille prend leur défense au parlement
Tente de se faire la voix des abeilles qui n’ont pas de voix
Que de Bzzzzz qui s’éloignent, s’éteignent
Ne retrouvent plus le chemin de la ruche

Egaré.es, migrant.es perdu.es sur les routes d’’Europe
Arrêté.es aux frontières métalliques

Et moi, au centre de ce monde délirant
Ce monde aussi mystérieux, que passionnant et incompréhensible,
De ce point mouvant où il m’est donné de vivre et d’espérer
Ce corps !

La liberté, l’égalité s’écrivent dans toutes les typographies
Aux murs des réseaux sociaux
Dans toutes les langues du monde
Un espoir nous soulève
Une révolution, une résistance,
Le plus infime geste a la puissance de nous toucher

Destins à écrire qui s’écriveront quoiqu’Il en soit !
Et s’ils sont privés de papier ou d’écran,
Ils écriront sur le sable ou crieront dans le vent !

Les mots sont nos liens
Notre humanité
La terre sur laquelle s’échouent
Ceux qui sont privés de tout
Ceux qui étaient soumis
Ceux qu’on méprisait

Monde de barbarie qui dénie ses victimes
Oligarchie du 21ème siècle

Ô nouveau millénaire
La porte est entrouverte
J’avance torche à la main
La flamme de l’écriture éclaire mes rêves

Les voix des révoltés résonnent
Leurs colères, leurs joies
Convergent avec les rayons du soleil

Place de la République

 

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Marquisdesbois – Les poètes sont debout – 50 Mars

Les poètes sont debout grâce à l’encre au fond de nous, et non pas l’ancre au fond du trou
Les poètes sont debout grâce aux mots qui sortent de nous, et non pas les maux qui portent partout
Les poètes sont debout grâce aux ailes de l’irréel et non pas la saleté d’un faux réel
Les poètes sont debout grâce à l’espoir qui fend le noir et non pas la crainte qui suinte le soir
Les poètes sont debout grâce à l’action des gens pansant et non pas l’oraison des dirigeants
Les poètes sont debout grâce à la saine folie qui nous emplit et non pas les délictueux délires qui les unis

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Sébastien – (Dans l’usure continuelle des jours) – 50 Mars

Dans l’usure continuelle des jours, tu posais sur le sol merdique,
La révérence d’un genou soumis.
Labeur posait sa main sur tes paupières :
Évanouissait « l’espoir en rêve »
Epanouissait l’odeur des graisses, des rouages, du fer, du ciment, de la misère et du « compte chaque sou ».
De ta sueur naissaient des tours, l’immeuble, l’appartement, la prison.
Et librement ta clef fermait, à la tombée des heures, ta cellule ;
Pitoyable outil, rangé en ordre après avoir servi, peuple plié, végétal, brisé.
Et semblable aux autres dans la cellule d’à côté (étanche à ta présence),
La couleur des écrans enterrait ma colère.
Dans le boucan des ondes se mourrait tristement la langue, seule, exilée.

Mais les mots ne pourrissent pas, ils n’ont pas la couture du linceul, ils mûrissent, persévèrent
Trouvent leur voix. Nos phrases étaient couchées, mais nos cœurs étaient debout,
Secrètement, guettant l’instant.
Lassés du joug, des plaisirs, des châtiments, des jouissances et des orgasmes publicitaires.

Les nuits devinrent des étincelles sous la pluie,
Et l’eau et l’air se fécondaient,
Et féconds furent leurs enfants.

L’Homme reprit à la nuit le désert des rues, décrochait les rideaux des fenêtres.
Et sur la place du peuple, miles gorges ne crièrent qu’un cri, qu’un chant :
Une meute, une tribu, tout ce qui unit des frères,
Entends-tu ton nom du cri, comme un appel
Entends-tu ton nom ?
C’est l’heure du peuple qui dans le tonnerre sonne,
Renverser les idoles !

Regarde-nous moloch, plus un enfant dans ta bouche industrieuse
. Plus un enfant, nous ne laisserons broyer par le roi, le président, ou la soif d’un billet :

Il y a, ce soir, sur le pavé un peuple qui façonne la rue à partir du rêve

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