Archives pour l'étiquette mis-en-avant

Cod Kinay – (Des mots de citoyens) – 134 Mars

Je voudrais qu’on favorise
La production locale
Des marchandises
Et moins de transport,
Car plus on en blinde les cales,
Plus la pollution bat des records.

Alors, je plaide pour une taxe carbone
Établie à l’échelle mondiale,
Une taxe aux axes bien pesés, car bonne,
Elle évitera les dérives commerciales.
Étude des cycles de vie des produits,
Du bien fondé de leurs circuits,
Et préférer le local au low cost,
Plutôt qu’un climat sous holocauste !

Et puis, y associer d’autres astuces :
Consommer moins pour vivre plus,
Produire mieux pour du durable,
En évitant le trop de rab périssable.
Retrouver la gestion sobre des sols,
Les saisons en écoles horticoles,
L’agroalimentaire changeant ses protocoles,
Comme faire le retour de la palme au tournesol.

Oui, garder la terre et l’humanité féconde
En sachant que l’on est « citoyen du monde »,
Que chaque vie est unique et hors de prix,
Qu’on soit né en Afrique ou à Paris,
Le petit doigt dans les hautes sphères
Où les pieds nus plantés dans la poussière.

Savoir qu’on a tous la même Terre mère,
Qu’on est donc des sœurs et des frères.
Se réunir en famille et voir ce qu’on peut faire
Pour tenter ensemble de s’extraire
De nos routes d’avenir à codes-barres
Qui se barrent en vrille, en mode barbares,
Vers de bas horizons
Où l’on ne pense qu’à ce qu’on somme,
Et peu importe le poison
Tant que l’homme croît et consomme !

Alors oui, consommer moins pour mieux y voir
Et comprendre qu’on a pas besoin d’avoir,
Mais d’être des maillons qui aiment
Tenir la chaîne du grand écosystème,
Un sourire aux lèvres
Et le cœur au creux des mains,
Pour calmer la fièvre
Qui indispose nos lendemains.

Indices posés sur nos chemins
Mais éparpillés sur la planète,
Alors la voix  de chaque humain
Compte pour y voir un peu plus net.

C’est pour ça que je plaide pour des référendums
A l’échelle mondiale, pour en faire éclore
Des lignes d’avenir qui n’aient pas qu’un référent d’hommes
De pouvoir, quand il s’agit de faune et de flore.
Qu’on parle de notre Terre au-delà des jeux économiques,
De nos guerres d’égos trop souvent pathétiques.
Qu’on devienne aujourd’hui les maillons de la chaine
D’un écosystème indemne pour les générations prochaines !

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Yoam – Les tisseurs de mondes – 100 mars

[-Les Tisseurs de Mondes-]

-

 

La Terre pleure…

…Et nous nous brûlons à vouloir toucher


La limite exprimable du Monde !



- Ne vois-tu pas l’espace-temps qui éclate ?!

…

Comme un appel au vide… !


-

Le monde est fini…

– Amis frères et soeurs,


Le monde est fini, et l’Uni-vers s’ouvre !

– Venez chanter, venez danser !

Nous entrons dans la ronde,


Tout doucement, dans la ronde de
…

L’Eternel Présent…

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PangO – A la rencontre d’Aurores – 82 Mars

A la rencontre d’Aurores

Tu te souviens de cette soirée ? J’étais presque venu par hasard, je t’avoue, je trainais même des pieds… Avec le temps, on perd confiance… On ose plus vraiment…
En toute confidence, j’avais peur, peur d’être déçu, peur de ne pas être à la hauteur, encore une fois… une énième fois…

Tu te souviens de cette soirée ? Il y avait eu ces mots, ces quelques mots, chaleureux, rassurants, qui subitement nous avaient entrainés l’un vers l’autre.
Sous les lumières tamisées de la Place de la République, un petit cercle d’une dizaine, d’une centaine, les mains fiévreuses, nos beaux idéaux s’ajustaient, convergeaient… Et plus loin que les mots, nos cœurs et nos rêves battaient en échos de toutes ces promesses d’aurores à venir.

Tu te souviens de cette soirée ? Je crois qu’on s’est aimé dès notre premier regard – Nos idées, que dis-je nos émotions, libérées ont jaillit en concert dans la nuit – comme des amants oubliés enfin retrouvés. Je est toi, toi et moi sommes nous, lui et elle et nous enlacés de fraternité, d’humanité, de liberté !

Tu te souviens de cette soirée ? On était une poignée, mais des rêves par milliers – On voulait le changer ce monde ! Et en vérité, avec toi, je m’étais enfin (re)trouvé !
Tel que… je suis vraiment… Tu sais, tout au fond moi… Pas ce personnage… cet emballage, ce maquillage superficiel, tout juste médiocre aux yeux de la société…
Non, ce soir-là, j’étais vraiment moi, heureux, entier et vivant, vivant comme jamais !

Le jour d’après, on s’est retrouvé ! Et puis, encore et encore ! Chaque soir ! Et comme un écho de vie partagé, nos éclats de liberté se sont propagés ! Des milliers et des milliers à scander l’éclat des aurores à venir; partout à Paris, en France, en Europe ! Et Mars sans plus s’arrêter prolonge ses jours printaniers ! On se ressemble, on s’assemble.

Tu te souviens de cette soirée ? On a vu tant de choses depuis… Des roses et des fraises fleurir dans un potager improvisé, des savoirs et des chants bondir sur chaque pavé, tant d’humanité retrouvée…
Mais, il y a aussi ceux qui tentent d’asphyxié la liberté ! Ces vérités déformées qui germent comme une gangrène… Tu les entends ces habitués de la lumière… Ils méprisent ces lueurs qui jaillissent. Et Ils déforment, amalgament, éludent – Sans jamais douter de leur légitimité.

Et toi derrière ton écran. Tu l’entends ce sursaut révolté dans ton cœur ? Cette révolte intérieure qui gronde face à ce monde dépassé. Tu en as déjà tant rêvé de cet ailleurs…
Tu l’entends ce sursaut révolté dans ton cœur ? C’est l’heure ! Laisse-le te soulever, t’inspirer, créer, assembler, rassembler, coopérer.

Sache que nous aussi, nos cœurs bouillonnent d’envies ! Et qu’on fera tout notre possible pour offrir une chance à demain d’exister.

Les lumières de demain sont les étincelles qu’on ose risquer dans l’obscurité ambiante… Les lumières de demain sont ces salves dans lesquelles on ose croire qu’on pourrait tout changer…tout changer… Les lumières de demain sont les milliers et milliers de lueurs, multiples et variés, nos actes assemblés qui distillent les premiers éclats des aurores à venir !

PnG Mai 2016

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Audrey Chambon & Khalid EL Morabethi – Poème en duo – 81 Mars

Des corps,
Qui se frôlent dans une chaleur étouffante,
Et puis des corps qui marchent, courent et chantent,
Chantent leurs haines écrites sur leurs veines,
Devant ceux qui s’en foutent, ils chantent leurs peines
Et puis des corps,
Juste des corps qui doutent,
Des corps qui se fondent,
Qui se rendent,
Qui se confondent,
Qui se dégagent de la table ronde,
Des corps !
Les corps vacillent,
Les corps sont en transe,
Les corps dansent,
Ce soir, ils dansent,
Ce soir, ils pensent,
Ce soir, ils dansent autour du sens,
La passion est hors du corps et le sens danse,
Le sens est en feu.

Des corps,
Ils dansent, encore et encore
Jusqu’à ce que les pieds saignent,
Puis las de danser
Et plus las encore de penser,
Ils tombent lourdement
Les uns après les autres
S’entassant, tas de chairs
Nerveuses s’agrippant
Aux mensonges qui s’enfuient
A la rage qui vomit
A la crasse au pus au sang,
Chairs amollies ouvertes aux vents;
Et ils crient
Ce qu’il leur reste
La détresse et l’ennui;
Et ils gémissent d’être seuls
Dans la danse macabre
Seuls, tous collés les uns sur les autres
Les autres tout collants et
Tous seuls aussi…
La masse grotesque,
Exsangue,
Râle et expire
L’abcès crevé
Et puis fin.

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Jérôme – (L’éveil) – 66 Mars

Un mouvement prend forme,
Pour bien plus qu’une réforme,
Contemplez l’éveil citoyen,
Notre seul arme, seul moyen,

Notre conscience collective,
Sur les places prend vie,
Ça y est la locomotive,
Est en route à mon avis,

Rien ne l’arrêtera,
Personne n’aura le dernier mot,
Surtout pas les médias,
Les libertés d’expressions ne sont pas des maux,

Elles ne sont pas vaines,
Puisqu’elles font émergé,
Une démocratie jusque dans nos veines,
Rêvons et créons une nouvelle réalité,

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Guitti – Au soleil de nos nuits – 66 Mars

Au soleil de nos nuits

 

Il faut gouter l’éclair lucide dans la nuit

qui décrète de son évidence arrogante

la fin des jours passés, en relief à huis clos,

à t’attendre luire – comme il est bon d’y croquer !

 

On ne s’effraie plus sous le soleil de la nuit.

Certains s’y reconnaissent, dans l’ombre ramassée

qui court aux pieds du bon ordre mal réveillé.

Et sa peur éclatante fait germer des « nous » !

 

Gare à ne pas trop te regarder chère nuit.

Il s’en trouve plus d’un à ne pas sourciller

si ne vibre la symphonie d’un horizon.

 

Il faudra batailler au fin fond de la nuit,

dresser les étendards prêts à se reconnaître

et certains qu’à la fin, c’est nous qu’on va gagner !

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Alex – Première Nuit – 66 Mars

PREMIÈRE NUIT

Sortir de la boucle
Aller au-delà du commun
Communier de boussole en boussole

Pour prendre le présent à deux mains

Faire de soi le son
Qui lit de bout en bout
Le coeur de mon cerveau
À la voix de ton esprit

Un voile souple et fin
Qui se délit et se volute
Aux caresses d’un vent chaud
Dansant dans un désert
Et faisant vivre le statique
De ses vagues d’or épicées

L’invisible préssenti
Devant soi en silence.
Une voix silencieuse émise de loin.

Ce lointain, si proche en rêve
Où je me trouve sans y penser

Où la porte est ouverte
Subtile fragrance de jardin secret.

La viole de gambe émet son effet
Pour venir englober le doux parfum
Si puissant de fébrilité.

Les claquements d’étincelles
Se glissent en serpentin
Se distordent d’envers à l’endroit

Où les rêves se mangent et nourissent la nuit
Pour qu’enfin je me lève debout et rejoigne le cortège
Où le rythme entêtant des battements de coeur
Faiit vivre l’alchimie d’une énergie
En constante transformation et permanente en présence.

Photo: Hyunsoo Park

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Khalid – Minuscule – 66 Mars

Minuscule,
Je suis minuscule,
Je dis que je suis minuscule,
Je le confirme,
Je le dis,
A haute voix,
Voix de fourmi,
Mon nom c’est Minuscule,
Mon prénom, je l’ai oublié,
Mais mon nom est petit, il est minuscule,
Il n’y a pas de point, ni de virgule,
Respecte-moi,
Je n’ai pas le choix,
Car c’est minuscule,
C’est comme ca,
Non ! Oui, tu l’es aussi,
Je le confirme et je le dis,
Elle est minuscule la vie,
Le point est minuscule sur le I,
Elle est minuscule la lune cette nuit,
Je n’y peux rien,
Ça ne change rien,
Je ne sais pas,
Car mon cerveau est minuscule,
Mini,
Do re mi,
Minuscule.

Khalid EL Morabethi

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André Orphal – Guerre si vile (normalité) – 62 Mars

Guerre si vile (normalité)

Je ne vois l’espoir que collectif
comme abstraction pour du concret
on ne voit l’avenir qu’au présent voire
au passé décomposé

toutes ces mains demandées
à scier vous témoignez
assoyez-vous signez
le curé va débander

regardant l’heure qui change
tout le temps
et tout ce temps confisqué
jusqu’à dix par vingt-quatre

tous ces serments aux guides
avortées les idées
a voté bovidé
dit l’assesseuse languide

le pire est de pouvoir
comprendre la facilité
c’est plus aisé à coiffer
un crâne arasé

y a des démo crasseuses
des guerres à venir
on légifère le devenir
tous croient pouvoir tenir

allez venons allons marcher
un peu criant nous sommes
dans la rue sauf sauf
s’il pleut j’ai des crédits

et les enfants à la crèche
chef la pointeuse est en panne
plus d’essence pour aller bosser
il va pleuvoir je te dis

mais il faudrait rester de marbre
comme sous le poids des couronnes
des amis du syndicat
qui pour une fois sont là

pour un dernier jour délétère
que ce soit sur le chantier
que l’on pende le patron
avant que les flics ne tirent

et les enfants dans les gares
sont badgés comme des valises
Argos n’a qu’à bien se tenir
on ne navigue plus à vue

l’autre jour quelqu’un me parlait
ça arrive de temps en temps
il m’appelait DOM-TOM
comme un gamin en colo

je balance des cailloux des graviers
j’étoile à peine le blindage
du bouclier du flic
lance-pierre et bille à roulement

l’autre jour c’est presque demain
et autant à saigner
à faire semblant de sourire
à supporter l’insupportable

mais comme la vie est belle
on se lacère on se déchire
sur les frontières factices
que d’autres ont vraiment dessinées

Anarchie ou démocratie
demande Ouest-France ce matin
je plante mon poème dans le calendrier
mon drapeau noir n’est pas DAESH

mon drapeau noir n’est pas MEDEF
mon drapeau noir n’est pas Saoud
mon drapeau noir n’est pas P.S.
mon drapeau noir n’est qu’un deuil

un jour on a défoncé
la vitre blindée de l’accueil
de la prison un petit trou
de la Santé

Je ne vois plus l’espoir collectif
je ne vois que des collectors
sur le bon coin du bar
bradant sur e-bay sur tablettes

l’avenir pourrait être
– et il sera –
poésie – pas gagné –
quelque chose !

mais rien je marche
derrière 100 000 moutons sans Larzac
100 000 anxieux juste dans
cette ville capitale

petits chefs font les comptes
pour les chefs faisant les comtes
les politiques content
l’ultime obéissance

Interruption engueulade fin de bail moitié de meubles
on fait quoi des gosses

certains les vendent mangent s’arrangent
se sacrifient tuent sans savoir
pour manger dans un parking
ils pleurent

_ revenu du monop’ bobo
chèque sans provision sans
région d’honneur_

« les gens n’aiment pas les chansons tristes »
qu’ils écrivent sans stylographe
corps prostitués sexe ou pas

je me regarde me défoncer
je suis un excessif
extrémiste
et je suis sans pitié

je hais la pitié
la charité
et oui je hais
ni politique ni correct

de la haine humaine
normale et facile
feignante semblant de faire croire
flippant
pleurant rallongeant les strophes

merde

mais comme la vie est belle
on se lacère on se déchire
sur les frontières factices
que d’autres ont vraiment dessinées

il est l’heure comme souvent
mais le syndicat du couvent
colle sur les paravents
« il faut savoir terminer une grève »

Et si Staline est mort dieu
surveille tout le monde
alors sans l’un ni l’autre
taf messe rééducation que diable

tout ça pour faire des mélanges
des cocktails vive Molotov
je suis un loser sans peur de rien
mon avenir est abstrait

et comme
je ne veux rien gagner
que je n’ai rien à perdre

terminez vous-même

mon dernier effort vieux comme je suis
sera de crier ou me taire
si je crie : je vous aime
ou : allez vous faire foutre

ça volera moins haut que les balles
je suis un ouvrier sans œuvre
un poète – maman dit non ça ne nourrit pas son homme –
dans la tête

bises à celles et ceux qui
ont tout lu

je ne vois plus l’espoir collectif
j’en fais un dernier pétard mais
personne ne fait tourner
le partage des idées

A.O.

 

Photo: Laurence Jimenez

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Marquis des bois – Je me sens poète – 50 Mars

Poétiser est plus q’une vue de l’esprit, c’est un combat
Une bataille de rue qui se transforme en samba
Une prison qui s’ouvre sur un salon

Je me sens poète, mon empire c’est ma tête,
Mon esprit, c’est ma conquête
Faire des rimes est mon crime

Je ne joue avec personne, je ne joue qu’avec les mots qui sonne
Je ne suis ni XX ni XY mais toutes les lettres de A à Z
Je ne cherche, ni le pouvoir, ni la gloire
Juste être entouré, lu, écouté

Je me sens poète, mon cœur est ma liqueur
Je suis ivre du soir au matin de mes livres
Je me lève dans les songes, dans les rêves

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Yann – A chaque retentissement de sirène – 50 Mars

A chaque retentissement de sirène
Mon cou se tord comme un automate

Ces policiers que j’aimerai voir de notre coté
Matraques aux poings, boucliers contre la poitrine
Ces regards en nombres égales aux gardiens de la « PAIX » qui nous scrutent

Nous ne sommes pourtant pas en guerre
Celle ci nous leurs laissons bien volontiers

A ceux, oui ceux, ceux qui nous tourmentent

Ceux qui nous tuent
Ceux qui nous affament
Ceux qui nous empoisonnent
Ceux qui nous asphyxient
Ceux qui nous volent
Ceux qui nous pillent la planète
Ceux qui nous transforment nos rêves en cauchemars
Ceux qui nous gangrènent par le haut

A ceux là, je leur dirais:

Tant que nos pieds toucherons le sol
Tant que nous serons debout
Nous ne lâcherons rien

Nous sommes l’Humanité
Et nous sommes déterminé à vous faire plier.

Yann.

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Stéphane Bataillon – Ceci n’est pas un exercice – 46 Mars

 Depuis le 31 mars

les gens se remettent à parler. À prendre le micro. À arracher le micro. À écouter. À ne pas écouter. À penser. À répéter – 1% détiennent 99% – Commun – Revenu universel – les patrons se tuent au… – À s’échanger des livres #Piratebox. À chanter faux, à s’embrasser, à vouloir voter, à ne plus vouloir voter, à vouloir voter mais blanc. À souhaiter bien du courage à vous les jeunes. À vous réveiller enfin les vi… vous qui avez 40 ans. À jouer la fanfare, à fanfaronner, à savoir que tout cela va très mal finir, qu’ils sont morts. À ne pas du tout savoir où cela va finir, à avoir un peu froid, là. À être tous ensemble tous ensemble ouais ouais. À être fatigués mais heureux, à être heureux mais fatigué, à être si fatigué qu’on ne sait pas si on va y arriver à être heureux. À ne plus avoir aucune illusion, à avoir pleins d’illusions. À ne plus avoir d’illusions mais à se dire que chaque morceau de monde à été une utopie avant d’exister sous nos yeux. À les fermer. Pour s’endormir, songer, faire une micro-sieste ensemble. Préavis de rêve général. Parce que ça n’a jamais été maintenant, l’état d’urgence c’est maintenant. On s’organise en commission pour les déclarations, pour les déclarations à la préfecture. On a des porte-parole, on n’a aucun porte parole. On tire au sort. Démocratie horizontale sur l’agora de République. Les médias font la sourde oreille, font leurs couvertures, consentent, problématisent, tiquent, méprisent, sont submergés. On met en place des ateliers de media training #RadioDebout #TVDebout #Bulletin quotidien. Merci Patron, Fakir et Frédéric Lordon. AG Personne ne représente NuitDebout mais chacun parle en son nom. Ça discute. Ça se dispute. On fait de la politique concrètement. On a des objectifs (mais tu me reprends si je me trompe) : frapper fort. Tous ensemble tous ensemble pour faire converger les luttes. Ils ont peur. De ça. De la convergence des luttes. On parle des ouvriers à Paris. C’est quoi, un ouvrier, déjà ? On est pas de droite, on refuse le parti. Socialiste, communiste, écologiste, de gauche. On intermitte, on libertaire, on activiste. On est pas là pour réinventer l’eau tiède. On cohabite mais ferme ta gueule là parce que ce système là on n’en veut plus. Bisou, mais non, ne te fâche pas. On va faire un potager. On est pas dupes. C’est bien qu’on ne soit pas tous d’accord, on a un peu mal à la tête, liberté, ça va mieux, on va se faire des bisous. La convergence des gens. Il fait beau. On est plein. Maintenant ça va mieux. On s’étonne que tout ça ne se soit pas passé bien avant, on est pris par surprise; Il l’aura bien, ils l’auront bien cherché. Qui sème la misère récolte la colère. Tapez révolte sur votre clavier et sortez dans la rue. Demain commence ici. Mettez des nez rouges face aux flics. Flippez un peu. Respirez. Doucement, doucement, il ne faut pas brusquer les choses. Le DAL a l’expérience, Babar est là, mais pas de leader. Pas de chef. Regarde comme ça vit. la Valls est finie. Liquidation totale du gouvernement. Tout doit disparaître et renaître. Oui mais… heu… enfin, mais c’est pas ça le problème…. mais non… mais ouais, l’absence de ligne politique c’est…c’est quoi, la vraie gauche ? Lbération. Laboratoire, expérience, éducation populaire, les syndicalistes ne comprennent rien. Les migrants sont chassés de Stalingrad. On y va. Les manifs 14h-17h Bastille Nation  c’est fi…mais on s’inscrit quand même dans le mouvement social. Retrait de la loi travail. Elle est assez capitaliste ta remarque là. Podemos ! Indignés ! Révoltés ! Mais tu me stigmatise là, ça me saoule ! On fait une pause là ? Non. Bon. On ne rentre pas chez nous ce soir. On est debout.

Et c’est la nuit.


Cet texte est paru initialement comme n°54 bis et édition spéciale du 44 mars de Gustave, organe politique Debout, avec l’avertissement suivant :

Parce que parfois, il faut mouiller la chemise. Et aussi parce qu’on a pas la carte de presse pour rien, une édition spéciale de GUSTAVE datée du 44 mars 2016. Un numéro debout. Même couché (il se fait tard).

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Nathanaël Frérot – De nuit se redresser – 45 Mars

« – Bien sûr que la lutte des classes existe, et c’est la mienne, celle des possédants, qui mène la lutte. Et nous sommes en train de la gagner » Warren Buffet.

« – La première manche Warren, juste la première manche … » Nathanaël Frérot.

Déjà le 34 mars
Ça fait quatre jours
et bientôt quatre nuits donc
Que je suis fiévreusement les événements à Place de République – Paris – France.
La Nuit Debout

Alors ouais on sait pas encore ce que c’est

Ne pas rentrer chez soi une millième fois après une millième manife
Se dire bon bah salut à plus l’air un peu désolé
avec en soi dans la gorge l’habitude du goût de l’inachevé
Plutôt rester
Plutôt parler
C’est peut-être juste ça et c’est déjà beaucoup

Ouais ok il y a probablement des jongleurs en sarouel
des street-artistes fatigants
à te regarder l’air touché par la grâce après avoir commis un truc moche par terre
ou pire, d’autres qui tapent sur des djembés et ça leur va bien, mais que à eux.

Mais des gens sont là. Sous la pluie.
à croire en quelque chose
Depuis combien de temps c’était pas arrivé ?

Alors ouais mais on sait pas trop. Ils sont pas super nombreux et puis d’abord c’est qui.
Je demande: depuis combien de temps c’était pas arrivé ?
Attends mais t’es qui pour demander ça ?

Je suis quelqu’un qui juste espère
ne plus dormir seul avec les fantômes de ses renoncements,

ne plus se réveiller cerné par les petites lâchetés concédées aux principes dits de réalité.
On peut pas toujours regarder le temps grignoter ses convictions
Ni trouver de bonnes excuses pour s’y habituer
On peut pas toujours espérer que quelque chose arrive
dire c’est quand que
et ne pas essayer
même essayer de se tromper

Mai 68 ça a fait plein de jolies photos et aussi beaucoup de quinquagénaires grassement convertis au libéralisme
Pourtant en photo ça avait l’air bien,
Je frémis de voir Jean-Luc Godard en noir et blanc proférant des trucs géniaux,  de savoir Chris Marker filmant la rue et Guy Debord agitant l’agitation. Jubilatoire.
Essayer de changer le monde, est-ce qu’il existe un truc plus amusant à faire des courtes années de nos vies ?
Je suis quelqu’un qui s’émeut de regarder des images seventies de Michel Foucault fumant dans des amphis occupés
En crevant d’envie de vivre ça
Et moi j’y ai renoncé avant de l’avoir vécu

Pourtant ma génération a abrogé le CIP.
J’étais dans la rue tout un hiver pour congédier Alain Juppé.
L’enfant de 10 ans avait cru en 1989 que les gentils avaient gagné pour toujours, les gens cassaient des murs dans la télé grésillante et même s’ils avaient des coiffures bizarres ça faisait rêver.
Il n’y aurait plus de murs.
Nan mais là tu vois on était bien.

On peut pas réclamer sa part d’histoire
rêver romantique à des engagements, des Guerres d’Espagne
et regarder passer le train de l’histoire
ne jamais oser monter dedans parce qu’on sait pas trop où il nous emmènera
Et si c’était maintenant ?
On peut pas ne pas essayer ? Si ?

L’Europe promettait qu’on allait être tous copains
on vous vend des rollmops et du pecorino pour fraterniser avec les danois, communier avec les italiens.
On trouvait l’entourloupe un peu visible mais on se disait pourquoi pas faut bien un début.
On avait confiance.
On a grandi comme ça,
tout irait toujours bien, on mangerait des rollmops et sinon on descendrait dans la rue, ça marchait, c’était vivant.

On ne parlerait plus de Lutte des classes, ça ferait has-been
La chute du bloc de l’Est avait discrédité Marx et tu vois bien même les prolos faisaient un bras d’honneur à leurs dictatures poussiéreuses et rêvaient de crédits-conso.
Tous ensemble dans la même classe et on chahute si on veut

Je peux pas devenir un ancien combattant des luttes que je n’ai même pas menées.
Je peux plus accepter cet horizon unique dont l’époque, campée dans son cynisme, nous vend 50 nuances.
Je peux plus inventer seul l’iconographie pop de mon engagement au conditionnel
Je frémis lorsque Frédéric Lordon prend la parole dans un amphi plein à craquer
Et vient la nuit, parler encore.
J’ai envie de croire que le train repasse
Que c’est celui-ci qu’on ne peut plus rater
qu’on y monte il est grand temps.
On verra la destination, peut-être qu’il faut essayer et c’est certainement maintenant.

D’accord on a pris un parpaing sur la tête le 21 avril
On a cru à l’accident bête
Désolé j’étais rentré faire une petite sieste. La panne de réveil quoi.
Ça continuait à avoir l’air douillet, tiens goûte-moi ce pécorino tu veux un rollmops ?
Les règles du jeu avaient changé mais ça luttait encore dans la classe, juste ça s’appelait plus comme ça et ça n’avait toujours pas de nom
On était sonné. On a pas vu.
Nous continuions à nous préparer à changer le monde
On lisait des bouquins, on sortait, on voyait des spectacles, des expos des concerts et des films, on se marrait.
Au pire nous irions dans la rue.

Je ne peux plus regarder l’ascension de Podemos en disant mais pourquoi on a pas ça en France
et ne pas m’autoriser à croire aux nuits debout
Saisir l’espoir de faire quelque chose
Se permettre de rêver et on s’en fout si c’est naïf, au contraire

Je suis entré dans une profonde tristesse en 2003.
L’effondrement.
Des mois de lutte pour la sauvegarde du régime de l’intermittence, la clef de voûte de la création culturelle en France.
L’échec, hurler dans le désert, se protéger du mépris, se faire arrêter, insulter, être obligé de rentrer dans des débats juridiques et techniques. Le piège.
Pour la première fois je perdais un combat.
Et pas des moindres. La culture : la conscience partagée d’un progrès possible.
Beaucoup de choses en moi sont mortes cet été-là.
Le monde tel que j’avais cru le comprendre s’écroulait et emportait avec lui de ma naïveté, de mes illusions, de mes espoirs.
Je suis rentré dans une stase profonde côté engagement
Je ne serais plus assez fort, ça me ferait trop mal.
Je regardais, toujours concerné, aguerri à décrypter les logiques.
Mais sortir du bois pour me faire vomir dessus non merci je suis pas de taille,
j’ai mieux à faire même.

Debout, agrippé au lieu qui fait sens.
La place de La République.
Celle qui guidait le peuple.
Celle qui hier a rassemblé nos chagrins et reçu les larmes que la mort des proches faisait couler.
Les proches, des hommes et des femmes assassiné-e-s au nom du fanatisme religieux dont on pensait que le progrès social nous avait enfin débarrassé.
La République aux pieds de qui quelques-unes de nos illusions furent inhumées.

Celle qui hier concentrait les hébétudes, unissait nos humanités endeuillées, assommées, qui ne pourraient désormais plus se contenter de ce monde incompréhensible, sur lequel personne ne semblait plus pouvoir trouver prise.

C’est là qu’il faut être, je crois.
Retrouver les prises, les appuis, l’élan. Se remettre à l’endroit.
Faire des gâteaux et du café aussi.
Reprendre le monde puisqu’il paraît qu’il est à nous.
Être là, la nuit, debout.

Pendant que mon espoir hibernait, il y a eu le quinquennat de Nicolas Sarkozy.
Il y avait trop à dire pour parvenir à parler, ça allait trop vite.
C’était le bordel, la cacophonie dans la morgue.
Essayer un peu de ranger la morgue était tout à fait vain.

Et puis les thématiques et les idées de l’extrême droite ont saturé les canaux, reprises et commentées en temps réel par tous, décorées, recyclées,  polies, y compris pour les combattre.
Écoeurement. Qu’est ce qu’on foutait là ?
ll n’y eut plus d’idées
Juste des chiffres qui ne correspondaient à rien qu’on nous invitait à apprécier, assaisonnés de raccourcis, de sophismes et de plans com qui changeaient au gré des saisons.

Traverser cette époque fut extrêmement éprouvant.
Quiconque voulut faire preuve d’intelligence, ou d’humanisme, se trouva disqualifié, moqué, transformé en paillasson sur lequel essuyer un élément de langage imparable.
Nous étions spectateurs et figurants paillasson à la fois.
Nous rêvions juste de ne pas nous y habituer
Nous nous convainquions que ça ne durerait pas trop longtemps

Mais c’était la crise. Le taux de croissance est faible. Je suis pas fort en maths hein, mais je crois que 1% de croissance par an, ça veut dire que chaque année le pays est plus riche que l’année précédente.
Et puis c’est exponentiel, 1% de 100% c’est 1, donc ça fait 101.
L’année d’après 1% de 101 c’est 1,01 donc ça fait 102,01. Et ainsi de suite.
Le problème n’est donc pas de créer des richesses mais de les répartir.
Je crois qu’un enfant saisit ça beaucoup mieux qu’un adulte.
Un enfant on l’autorise encore à être naïf.

Papa c’est quand qu’on change le monde ?
Si je n’ai pas encore eu d’enfant c’est peut-être parce que j’ai bien trop peur qu’un jour il ou elle me pose cette question.
Et les réponses qui me viendraient me font un peu honte.
De cette peur là je voudrais me délester.

Puis François Hollande est arrivé.
Et avec lui cette gauche dont on ose espérer beaucoup
Si ce n’est que ça ne soit pas plus pire.
Voire, rêvons, d’améliorer un peu, de ranger un peu la morgue.
On a découvert que cette gauche avait vraiment renoncé à changer le monde, même un peu, même à la marge.
Et on se retrouve stupéfait de constater que même elle l’empire, par cynisme, par incompétence, par faiblesse intellectuelle,  par carriérisme, ambition, par accident même pourquoi pas, mais on comprend toujours pas ce qui se passe.

Dans 1984 la devise que Georges Orwell invente à son régime totalitaire est « La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’ignorance c’est la force»

Et voilà qu’on pourrait y ajouter « Le licenciement c’est l’emploi »

On aurait pas imaginé que le coup vienne de là.
De François Hollande, de Manuel Valls, de Myriam El Khomri, appuyés par l’exécutif, par les députés et l’appareil du Parti Socialiste.

C’est peut-être le coup de trop.
Peut-être que le mépris est allé un peu trop loin.
Peut-être que Warren Buffet en train de gagner la Lutte des classes a poussé un peu le bouchon, un excès de confiance.
Et peut-être que ça ne marchera pas.
Qu’on a enfin droit à la revanche de nos défaites accumulées, personnelles et collectives

Peut-être qu’ils se sont trop moqués
Qu’ils ont épuisé la bienveillance et le courage qu’on avait à toujours leur chercher des excuses
Peut-être qu’ils n’ont juste plus d’excuses.

Peut-être c’est maintenant que je sors de ma stase politique
Que je n’ai plus peur de rêver
Que j’affirme avoir le droit d’être naïf
Que je ne peux plus ne pas essayer que je ne peux plus ne pas y croire
Qu’il faut essayer et que ça pourrait être là, aujourd’hui

Essayer, ensemble, debout dans notre nuit.
Depuis combien de temps un évènement pareil n’était pas arrivé ?
Je demande
Tant de mots lancés
Avec de l’envie de construire, d’inventer,
de frotter les intelligences et les humanités les unes aux autres ?
T’imagines, une agora à ciel ouvert
où l’on dit autre chose que de l’accablement, que du renoncement, que de l’exclusion,
Pour une fois on a le droit de parler de politique sans devoir commenter les horreurs de l’extrême-droite ?
Sans mensonge ni calculs personnels
J’en étais venu à ne plus oser l’espérer.
Combien étions-nous à presque avoir honte, à enfouir dans le secret de nos âmes des idées un peu naïves, un peu égalitaires, progressistes.

Je voudrais raconter à mon enfant ces moments.
Où le train est arrivé, où l’on est montés dedans.
Où on a pris le monde et plutôt que de tanguer dessus n’importe comment on l’a remis dans le bon sens. Et on avait plus la nausée
Rigoler en imaginant que Warren Buffet, beau joueur, écrirait « La lutte des classes existe et c’est ma classe, celle des possédants qui l’a perdue »
Ce moment qui avait commencé sous la pluie, avec des cafés, des gâteaux, des paroles.
Ce moment de nuit. Debout.
Le moment où l’on s’est redressés.
Quand on s’est mis debout et qu’on a sorti le monde de sa nuit.


Ce texte est paru à l’origine sur le blog Alors nous émettons

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Darya – Où vas-tu donc ce soir ? – 46 Mars

« Où vas-tu donc ce soir ? » , je sors danser un peu ;
N’entends-tu pas les fleurs, elles chantent pour les hommes
Des airs gais des airs doux et leurs disent : Venez là,
Petits et grands soldats, petites et grandes guerrières,

Venez les pécheresses et les filles de prêtres,
Venez fils du bitume et enfants des palais,
Venez danser ce soir, venez nous saluer
« Par tôt et reviens vite », qui te dit que je rentre ?

Qui te dit que ce soir nous n’allons pas rester,
À compter les étoiles à dessiner des fées,
À inventer un monde et puis à l’effacer,
Qui pourra bien nous dire quand il faudra rentrer,

« Alors tu n’reviens plus ? » , je reviendrais un jour ;
Quand la terre que l’on foule ne sera plus béton,
Quand tout ce qu’on touchera sera fait de blé blond,
Quand les géants de sables ne pourrons plus hurler,

Peut-être ce jour là, peut-être je reviendrais.

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