Archives pour l'étiquette #NuitDebout

Benton – Debout on nuit – 151 Mars

Debout on nuit
On est debout et on déboule
on prend les quilles par les deux bouts
ils sont bateaux nous sommes la houle
la cohorte ressort de la boue
La peur devra changer de camp
aucun coup ne fera chantage
aucun coût n’évite le partage
nous ouvrirons de nombreux champs
Nous ne lançons pas un appel
nous ne revendiquons plus rien
nous posons juste un préalable
des conditions inaliénables
Toutes les pressions jadis subies
furent telles que ça craque partout
nous ne parlons pas de lubies
nous n’étions rien nous serons tout !
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J.J Ibanez – Obéis homme ! – 151 Mars

Obéis homme !

Silence homme obéis à tes maîtres !
Ta conscience oublie et soumis
A leurs lois, sois toujours fourmi…
Ils fixent pour toi ta raison d’être.

Baisse la tête et tais toi, sans dents !
Entre leurs mains tu n’es qu’un esclave
Un moins que rien, une simple épave
Qu’ils contrôlent dehors et dedans.

Mais tu es fils de Dieu… Tu l’ignores ?
Non Bacchus tu n’es pas un perdant !
Retrouve la mémoire qui t’honore.

Tu es né du Haut, non pour ramper
Mais pour que ton cœur batte, aime encore.
Fils de Dieu rien ne peut te stopper !

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Julien – Aux épouvantails médiatisés – 151 Mars

Aux épouvantails médiatisés :

Lâchez-nous avec vos symboles.
Avec vos étendards, vos bannières, vos drapeaux,
Lâchez-nous.

Lâchez-nous avec vos désirs de front.
De sonner la charge, de claironner vos « bonnes raisons »,
Lâchez-nous.

Lâchez-nous avec vos mots trompeurs.
Vos réactions trop rapides, vos réflexions pleines de vides,
Lâchez-nous.

Car, avec vous, ces symboles ne sont que raccourcis.
Des marchepieds pour rêves héroïques jamais assouvis.
Mais la réalité, si tragique, est bien plus complexe,
Que de menacer à tout va et pointer son index.

Une fois les drapeaux hissés, les étendards dressés,
Que vous restera-t-il comme seul horizon ?
Symbole contre symbole, des deux garnisons,
Seule survivra celle qui tuera l’autre en premier.

Et après quoi ? Convaincus de votre puissance,
Vous regarderez les forces en présence,
Et tout ce que vous verrez sera la même réalité,
Toujours aussi pleine de complexités.

Et il ne vous restera plus qu’à trouver,
Un nouveau drapeau à hisser.

Alors, Lâchez-nous avec vos symboles.
Lâchez-nous.

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Tou Toune – Le pouvoir – 151 Mars

Le pouvoir

Le pouvoir est à qui?
Pour celui qui l’a.
Mais peut’il aller vers un être de lumière?
Ou éclairer le plus mauvais
en utilisant sont plus bel air?
Sur des jeunes le mal pénétrant
les plus bas instinct
d’un pouvoir de dédain
mépris d’un pays
pour simple idée de profit
Le désire inassouvi
se besoin trompeur
La balance dans une main
et le glaive pointant.
Décidant pour le peuple
mensonges qui te déshonore
Tu ne donnes pas l’exemple
tu te pares de tout l’or.
Pouvoir décadent que
tu supprimes au vent.
La sécurité proche de toi
tu penses te cacher derrière
un drapeau,un hymne,des barrières
pouvoir tu restes mais au final
tu changes toujours sous un idéal
sans soif, terne et bien banal!

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Le Paca – Sauvage illusion de l’intelligence humaine – 151 Mars

« Sauvage illusion de l’intelligence humaine! »

La noirceur, la pénombre, l’obscurité,
l’opacité, la nébulosité, l’ambiguïté,
la médiocrité, la calamité, la fatalité,
la cruauté, la brutalité, la sévérité…

…de nos maintes injustices,
ignorantes erreurs,
dérisoires misères,
folies nécessaires,
horreurs et sévices.

La noirceur, la pénombre, l’obscurité,
l’opacité, la nébulosité, l’ambiguïté,
la médiocrité, la calamité, la fatalité,
la cruauté, la brutalité, la sévérité…

…de l’égoïsme, du capitalisme, de l’appât du gain,
de l’individualisme et du jamais pour son prochain,
(celui-ci blâme autrui, celui-là déblatère sa haine)
société de consommation et de faux savoir-faire,
richesse économique, monnayable et soporifique,
finance vulgaire, désespoir, véhémente violence!

Sauvage illusion de l’intelligence humaine!

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Marc – Ta prison – 151 Mars

Ta prison

Tu es bien seul au bord de l’eau
tu chantes tes rêves dans ton couloir
le monde est gris tu es palot
et voudrais bien changer l’histoire
mettre l’amour aux environs
pourtant tu l’aimes vous êtes ensemble
mais toi au fond de ta prison
tu es un autre qui te ressemble

tu es bien seul au bord de l’eau
ainsi en toi les papillons
se sont éclos dans ton cachot
désemparés par tes rayons
tu marches sur les coquillages
métamorphoses d’un autre temps
tu es perdu même à ton âge
es-tu ce fou l’es-tu autant

tu es bien seul au bord de l’eau
le monde entier est dans ton ombre
il pose ses doigts là sur ton dos
ton regard vide peut-être sombre
tu sens l’élan pousser ton âme
volant là-haut chercher la paix
ton horizon alors s’enflamme
et puis la mer couvre tes pieds

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Benton – Ce soir il pleut de l’espoir – 151 Mars

Ce soir il pleut de l’espoir.

Ce soir il pleut de l’espoir, la nuit ira nuire à d’autres que nous, nos guenilles nous iront, soupe au doigt, parfois le vent dans les branches ne nous insulte plus, les flaques de nos égos rebondissent des échos de nos bottines d’enfants qui sautillent dedans.

Ce soir il pleut de l’espoir, la pénombre nous enveloppe d’une malhabile quiétude, qui tient sur nos épaules par la poire que l’on fend, nos coudes comptent nos côtes et nous contons nos quêtes. Ce n’est pas une torpeur qui rampe entre nos pieds, les vapeurs qui émanent et remontent du sol, mordorées, hésitantes, caressent le creux des rêves.

Ce soir il pleut de l’espoir, j’en ai choppé un peu dans le creux de ma main, mais ça sèche très vite tu ne peux pas le voir, chacun tendra la sienne pour recueillir sa part, et la voir un instant qui peut paraître court, mais bien plus long qu’une vie à passer à côté.

Ce soir il pleut de l’espoir, personne n’a de parapluie et même les larmes coulent, y en a qui font pipi, mais pas tout le monde l’approuve, quand même y a une odeur qu’est pas loin du sucré, et comme une clameur proche de la mélopée.

Ce soir il pleut de l’espoir, et l’on voit refleurir des illusion perdues, comme des rêves enfouis ou des passions cachées, ça éclot ça et là, ça écope d’un écot comme un pop-corn qui saute, ça rejaillit parfois, ça maille le territoire.

Ce soir il pleut de l’espoir, lâche ton seau gros malin, ça sèche à une vitesse tu n’as même pas idée, ouvre la bouche en grand et laisse toi aspirer, le mouillé que tu sens c’est ton cœur qui renaît.

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Cécile – Eh! messieurs. – 134 Mars

Nuit Debout les gens chantent. Nuit Debout les gens déchantent. Enchantement, désenchantement. Et demain le monde ? Et aujourd’hui le monde ? Aujourd’hui le monde est dur. Aujourd’hui ça n’a plus de sens. Aujourd’hui ils tuent. Et aujourd’hui plus d’endroit pour respirer, on bétonne, on gaz lacrymogène, et aujourd’hui les poètes sont morts et enterrés. Mais aujourd’hui ça respire, les poèmes parlent, et Nuit Debout chante et déchante dans les ténèbres. Ils ne lâcheront pas, personne ne lâchera, on veut encore vivre, on veut encore respirer, on veut encore deviser, on peut dévisser mais on devisera, on divisera. Et, messieurs, vous ne pourrez pas tout anéantir. Et, messieurs, vous ne saurez pas tout contrôler. Et, messieurs, toujours les hommes parleront, les poètes écriront. Et, messieurs, si vous ne pouvez plus respirer, allez crever ailleurs. Que vos miasmes de morts-vivants ne nous écrasent plus. Votre monde est mort, messieurs, votre monde est trop vieux et trop mort pour résister, et un jour des armées sans armes s’élèveront au milieu des larmes que vous avez laissées. Eh ! messieurs, laissez-nous respirer, on a besoin d’air. Eh ! messieurs, laissez-nous briser pour que l’air rentre enfin.

Messieurs, vous êtes déjà morts, faites place, messieurs, vous êtes trop vieux. Faites place, messieurs, on fera mieux.

Du haut de vos tours, messieurs, du haut de vos châteaux, du haut de vos miradors, nous lancerons des fleurs, nous compterons les heures, nous lâcherons les leurres. Eh ! Messieurs, on ne vous voit plus, on ne vous croit plus. Eh ! Messieurs, lâchez tout. Que puisse enfin renaître la fleur de l’homme au coeur du monde. Que puisse enfin l’homme créer au milieu du rien.

Et sur vos ruines nous ne bâtirons plus. Les empires s’écrouleront.

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Camille – (Aux lucioles de rêves générales) – 134 Mars

Poésie au début
Poésie au debout
Froid revigorant
Chaleur humaine
A l’approche de l’été
Jour éveillé
Nuit allongée
Jour rallongé
Nuit réveillée
Assis pour discuter
« Mains en l’air! »
« Nous sommes innocents
Monsieur l’agent! »
Victimes d’aimer et de détester l’argent
100 par place
Nuit de nuisances
Vides et pleines de sens
Tachées par le sang
Silence
Lance pierre non lance peluche
Silence
Qui nuit à toi même
Sans autre toit que le ciel
La vie précaire qui te nuit
Mais debout tu avances
Sans viol sans dessus ni dessous
Nus, fragiles
Mais maintenus maintefois
Mis à dos
Main dans la main
Le cul assis et la tête en l’air
Les pieds debouts
Joignant les deux bouts
D’une précarité
Au goût de beurre de karaté
Pas de charité
Nique ta pote sans pitié
Nyctalope dans l’obscurité
D’une nuit blanche
Aux lueurs d’espoirs
Aux lucioles de rêves générales
Ne pas chômer pour s’y retrouver
Somnambule, Noctambule, Funambule
Assis pour être plus hauts
Plus élevés sur la pointe des pieds
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Nicolas – L’âne de Buridan – 100 mars

Scène 1

À la montagne. L’Âne de Buridan se tient immobile près d’une barrière. Lacan l’observe un long moment puis se met à parler.

Lacan: Comment allez-vous ?
L’âne: Mal.
Lacan: Qu’est-ce qui vous arrive ?
L’âne: Rien.
Lacan: Vous vous tenez debout sans bouger depuis ce matin.
L’âne: Qu’est-ce que ça prouve ?
Lacan: Qu’est-ce que vous croyez que cela puisse prouver ?
L’âne: Figurez-vous que j’ai faim et soif à la fois (ou soif et faim à la fois). Je pourrais manger et boire, ou boire et manger, mais je ne peux décider par quoi commencer.
Lacan: Vous avez un blocage.
L’âne: Pas du tout.
Lacan: Chaque fois que vous devez prendre une décision, vous refusez de prendre le risque de vous tromper, par peur des représailles.
L’âne: Non. Je prends mes responsabilités.
Lacan: Vous avez peur de regarder la réalité en face.
L’âne: Au contraire, je la regarde fixement.
Lacan: Et qu’est-ce que vous voyez ?
L’âne: De l’eau et de l’avoine. De l’avoine et de l’eau.
Lacan: Quand avez-vous vu de l’eau pour la dernière fois ?
L’âne: Je ne sais pas. Je n’ai rien de spécial à dire sur le sujet.
Lacan: Vous n’avez rien de spécial à dire sur le sujet ?
L’âne: Non. Quand j’étais enfant, ma mère m’emmenait souvent près d’un ruisseau. Je suppose que c’est ce genre de choses que vous voulez m’entendre dire…
Lacan: Humm…
L’âne: Je faisais bien attention de ne pas marcher dans l’eau, mais une fois j’ai glissé. Le ruisseau faisait un coude.
Lacan: Continuez.
L’âne: Vous ne croyez quand même pas que j’aie fait exprès pour me noyer ! Enfin, maintenant que vous le dites, je n’en suis plus sûr. Peut-être n’est-ce qu’un fantasme de ma part. Je ne sais pas.

Lacan se tait.

L’âne: Ah, comme je souffre ! Est-il donc possible d’avoir si faim et si soif (ou si soif et si faim) ?
Lacan: Les fantasmes sont la clef. Vous êtes bloqué au niveau de la représentation. Que symbolise l’avoine ?
L’âne: Rien. C’est la réalité.
Lacan: L’eau vous fait penser à votre mère…
L’âne: Oui…
Lacan: Parlez-moi de votre père.
L’âne: Je n’ai rien à dire sur mon père.
Lacan: Intéressant.
L’âne: Je ne vois pas ce qu’il y a d’intéressant.
Lacan: Vous refusez de dire ce que vous pensez. C’est une information intéressante.
L’âne: Cela ne veut pas dire que je lui en veux. Je ne vois pas pourquoi ce serait le cas.
Lacan: C’est le cas de le dire.
L’âne: Comment ça ?
Lacan: Ce n’est pas le K de le dire. C’est le D de le dire.
L’âne: Je n’y comprends rien.
Lacan: C’est bon signe.
L’âne: Comment sauriez-vous que je lui en veux ? Si du moins c’était le cas…
Lacan: Je ne savais pas que c’était le K jusqu’à ce que vous le Disiez. Qu’est-ce qui s’est passé ?
L’âne: Que voulez-vous qu’il se soit passé ?
Lacan: Que voulez-vous qu’il se soit passé ?
L’âne: Rien, je vous l’ai dit.
Lacan: Je suis tenu par le secret professionnel. Vous devez tout me dire. Il s’agit de dire tout, même et surtout ce qui est inconvenant.
L’âne: Je n’ai rien d’inconvenant à dire sur mon père. C’est un pauvre diable. Je trouve simplement qu’il aurait pu faire comme si j’existais, c’est tout.
Lacan: Vous lui en voulez ?
L’âne: Non.
Lacan: Vous avez le droit de haïr votre père.

L’âne baisse la tête.

L’âne: Quel piètre fils je fais.
Lacan: Nous sommes tous indignes de nos parents comme ils sont tous indignes de nous.
L’âne: Suis-je un monstre pour cela ?
Lacan: Nous sommes tous des monstres.
L’âne: Oui mais moi, je suis pire. J’en veux à mon père et à ma mère. Ils m’ont tout donné et à mon âge j’en suis encore à les admi… à les critiquer.
Lacan: À les admirer.
L’âne: À les critiquer.
Lacan: C’est vous qui l’avez dit.
L’âne: Vous pensez que c’est parce que je les admire que je suis bloqué ? Et que je n’ai que ce que je mérite ?
Lacan: Encore faudrait-il savoir exactement pourquoi vous l’avez mérité. Vous avez réussi à faire un lien entre votre mère et l’eau. Essayez de faire le lien entre votre père et cette avoine que vous croyez voir.
L’âne: Je ne vois pas le lien.
Lacan: C’est bon signe également.
L’âne: Je ne vois pas ce qui est bon signe.
Lacan: Ne pas le voir est aussi un signe. Vous avez toute la semaine pour réfléchir. Nous nous voyons samedi à la même heure, au même endroit.
L’âne: Samedi prochain, je serai mort. Je vais mourir de soif et de faim (ou de faim et de soif), avant la séance.
Lacan, avec un sourire complice: Pourquoi pas après ? — Allez, je vous vois la semaine prochaine. Nous resterons sur ce « mérite » et sur cette question : « Pourquoi vous l’avez mérité ? »
L’âne: Est-ce que je me sentirai mieux ensuite ?
Lacan: C’est une cure de psychanalyse, pas une injection de morphine. Je vous ai laissé parler en toute liberté, ce qui vous a permis de commencer un travail sur vous. Je crois que nous avons suffisamment détourné le problème. Le problème central est secondaire. Il faut toujours creuser pour créer d’autres problèmes, plus anodins mais plus difficiles à résoudre, car ils détiennent la clef du D de le dire. Je pense où je ne suis pas. Ce paradoxe recèle une telle puissance structuraliste que son illustration réductionniste, soit la signification de la répétition suspecte de la lettre « r » dans le mot arbre, dont on ne parle pas assez, contient la potentialité de donner une issue à la quasi-totalité des névroses de blocage.
L’âne: Ce que ces choses-là sont bien dites ! Cependant je n’ai rien compris. Je suppose que c’est bon signe.
Lacan: Bien sûr ! Je vous conseille de réfléchir sérieusement sur la succession symétrique des voyelles de ce mot : « mérité ». C’est un palindrome.
L’âne: D’accord. Je vous remercie, Monsieur. Au revoir.
Lacan, d’une voix chargée de sous-entendus: À la semaine prochaine !…

Lacan s’en va.

 

 Scène 2


 L’Âne souffre horriblement. Il se tient toujours immobile, mais cette fois en haletant de douleur. Un Chien de Diogène l’aperçoit au loin et s’approche.

Le chien: Hé, l’âne ! Ça va ?
L’âne: Non…
Le chien: Qu’est-ce que tu fais ?
L’âne: Je ne sais pas. Je réfléchis. Je ne sais pas.
Le chien: Tu as l’air hypnotisé.
L’âne: J’ai l’air hypnotisé.
Le chien: À quoi tu réfléchis ?
L’âne: Je vois quelqu’un.
Le chien: Où ça ?
L’âne: Je ne sais pas.
Le chien: Comment ça ?
L’âne: Il dit de réfléchir à « mérité » et de trouver pourquoi.
Le chien: Je ne comprends pas.
L’âne: C’est normal. C’est un psychanalyste.
Le chien: Ah, tu es en cure de psychanalyse ?
L’âne: Oui.
Le chien: Et tu vas mieux ?
L’âne: C’est encore trop tôt pour le dire. Ce n’est pas une injection de morphine.
Le chien: Mais on ne peut pas te laisser comme ça ! Tu me fais mal rien que de te regarder !
L’âne: Je ne supporte pas qu’on me regarde.
Le chien: Pourquoi tu ne me regardes pas ?
L’âne: Je suis hypnotisé.
Le chien: Par le seau d’eau ?
L’âne: Comment ça ? Qu’est-ce que tu racontes ? Tu veux dire que tu le vois, toi aussi ?
Le chien: Bien sûr !
L’âne: Le psychanalyste a dit que c’était une représentation, un fantasme !…
Le chien: Non, c’est bien un seau d’eau.
L’âne: En fait, je suis hypnotisé par le seau d’eau et le picotin d’avoine en même temps. Tu le vois aussi, le picotin d’avoine ?
Le chien: Oui.
L’âne: Eh bien, figure-toi que je meurs de soif et de faim en même temps, ou de faim et de soif en même temps. Je pourrais manger et boire, ou boire et manger, mais il faut choisir.
Le chien: Eh bien, commence par l’un des deux.
L’âne: Évidemment, mais par lequel commencer ? Ils sont à égale distance. J’ai aussi faim que soif et/ou aussi soif que faim. Je ne peux pas choisir. Je vais mourir. De faim et de soif, exactement en même temps. Je sens la mort approcher et je n’y peux rien. Je suis bloqué.
Le chien: Choisis l’eau.
L’âne: Pourquoi ?
Le chien: Parce qu’elle est plus près !

Le chien va pour saisir l’anse du seau d’eau par la gueule et l’apporte près de l’âne. Celui-ci se jette dessus et commence à boire goulûment.

 L’âne: Mon Dieu !

Il s’avance vers le picotin d’avoine, commence à le dévorer et tousse.

 Le chien: Mange lentement, tu vas t’étouffer…
L’âne: Oui, c’est vrai, il faut bien mâcher.

L’âne se met à manger plus sagement. Une fois l’avoine avalée, il finit le seau d’eau. Il respire, s’agrigole, bragoulote et regarde le chien. Il éclate en sanglots puis sourit.

L’âne: Ce que ça fait du bien ! Tu ne peux pas savoir ce que c’est que d’avoir si faim et si soif. J’ai été bien bête. Ce n’est pas étonnant que les gens me considèrent comme un âne. La prochaine fois, je m’avancerai vers le seau d’eau sans autre considération. Ainsi la distance entre moi et le seau sera moindre que celle entre moi et l’avoine, et je me mettrai à boire ! Ensuite, comme je n’aurai plus soif mais faim, je mangerai l’avoine et je serai rassasié. Je serai donc sauvé. Merci, gentil chien !
Le chien: Avec plaisir !
L’âne: Est-ce que je peux te montrer un magnifique point de vue d’où on voit une montagne ? Il y a un ruisseau qui fait un coude juste à côté !
Le chien: Avec joie !

Ils s’éloignent en devisant. Si tu deviens fou, croise un bon chien.

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Collectif Poésie Debout – Nous nous sommes rassemblés – 100 Mars

Nous nous sommes rassemblés

Nuit debout, Place de la République

Nous nous sommes rassemblés

car les mots ne sont plus

ce qui nous libère

Ils sont les convois marchands

arraisonnés pour une terre sêche

Nous trouverons ensemble

les mots qui hissent

le système jusqu’à la pente

Le système ivre de

ce qui le prive de son sens

Nous nous rassemblons

parce que la parole

est sacrée,

quand elle se délivre

Nous nous rassemblons

parce que nos corps veulent

vivre nos pensées ensemble

Nous nous rassemblons

parce que les mots

iront au delà de nos pensées,

si nous les disons ensemble

au delà de nos peurs

qui nous divisent

Debouts face à l’incompréhension

d’un monde sans mots,

ou avec trop de mots

qui nous perdent et nous divisent

Caresser aussi par cette envie de parler,

les mots multipliés,

les mots Debouts qui délivrent.

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André – ça chiffre – 100 mars

ça chiffre

Un deux trois quatre
et de cinq à sept
c’est d’la huit-six

laissons les moutons aux pâtres
et le silence aux ascètes
à Strasbourg les saucisses

Oh je vois bien que tu flanches
je mate derrière tes hanches
on a du pain sur la planche
qui a vu des oies blanches ?

un peu plus tard
just’avant midnight
on est au sky

(laisses les glaçons à la fonte
laisses les moutons à la tonte)

y a dix mille fêtards
tu passes à la coke light
putain ça déraille

j’vois bien qu’t’es pas franche
et tes seins quand tu te penches
qui me tirent par la manche
pendant qu’tu t’fais les dents blanches

deux automates
aux Abesses s’fait sept
huit heures cinq ou dix

presqu’à 4 pattes
rampons vers le 17
ième quartier factice

on s’en paye encore une tranche
je déambule derrière tes hanches
et j’fais la tronche quand toi bien franche
m’dis qu’on s’verra pas dimanche

(laisses les glaçons à la fonte
laisses les moutons à la tonte)

A.O.

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Ben – (à la gueule des gens) – 100 Mars

Aramis, l’arabesque harassant l’arachide

haro sur l’art à carreaux carottant Arrabal

Artaud, D’Artagnan d’arbre en arbre

l’araignée d’Aragon arrimant mes rêves aux parfums

pétard, arachnée, art, acnée

une adolescence à rebours arrachée aux martiens

je suis un chien

rongeant les mots comme des os

et aboyant mes vers atroces

à la gueule des gens

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Jean – Je n’ai jamais compris, admis – 100 Mars

Je n’ai jamais compris, admis

La haine d’autrui, de l’étranger

Cette richesse inouïe de beauté

Sa différence qui m’enrichit

Alors quel est ce ver

Qui ronge les temps

S’insinuant pervers

Dans les esprits, bavant

L’homme serait donc ce loup

Tout est permis, tout est fou

À délier ce lien qui est notre

Celui du fraternel autre

Car sans toi je n’avancerai

Nulle part, nul horizon

Pour trouver ce qui est bon

Cet être aimé, l’espéré

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Yoam – Les tisseurs de mondes – 100 mars

[-Les Tisseurs de Mondes-]

-

 

La Terre pleure…

…Et nous nous brûlons à vouloir toucher


La limite exprimable du Monde !



- Ne vois-tu pas l’espace-temps qui éclate ?!

…

Comme un appel au vide… !


-

Le monde est fini…

– Amis frères et soeurs,


Le monde est fini, et l’Uni-vers s’ouvre !

– Venez chanter, venez danser !

Nous entrons dans la ronde,


Tout doucement, dans la ronde de
…

L’Eternel Présent…

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Marie – J’entends – 92 Mars

La belle armée immobile
Assise
Agite les bras
Sous le regard complice
D’une dame en bronze
A l’allure fière

C’est notre mère
La république

C’est notre terre
C’est notre ville
Ce sont nos places
Tous réunis

La parole se libère
J’entends les voix
Contraires
Je vote
Je ne vote pas

En tailleur dans le silence
J’écoute tout
Les énervés, les agités, les timides,
Les doux rêveurs, les bourrés, les vieux,
Les jeunes, les pd, les sans papiers

Leurs mots se mêlent
S’enfilent comme des perles
Oh le beau collier de l’ag
C’est à mon cou que je le porte

Mais je suis là
Et je ne dis rien

Je suis là depuis des jours
Et je ne dis rien

J’observe
J’écoute
J’entends
Je vois
J’en rêve
Je rêve de discours par milliers

Mon silence n’est pas l’absence

Un jour
Nous aurons des fleurs

En attendant
S’agitent les graines

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Dimo – A notre Dame des Landes – 92 Mars

A Notre Dame des Landes
la ville a tout pris les murets
les jardins les fossés les chemins
n’en reste que des os
n’en reste plus rien
qu’une trame un écho
sous l’asphalte chante l’eau

mais les oreilles sont coupées
et les yeux font à l’écran
des sourires

on vous l’avait dit, on vous l’avait bien dit, ne partez pas c’est un piège, n’y allez pas restez ici !
ils vous retourneront le cerveau ce sont des sorciers ils ont les mots pour

relier les hommes le village global à une heure de Paris une chance pour l’emploi s’inscrire dans l’avenir
et puis diminuer les coûts durcir les mous plier les fous
tu sais les avions les camions les autoroutes
les tunnels
le gris


on t’avait prévenue petite araignée tu te retrouves toute nue
en dedans comme en dehors et tu tisses
tu tisses c’est comme un travail
ta toile est tout, tes fils vont partout
tu te crois encore au milieu

DIMO
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Anthony – (49.3) – 92 Mars

Je n’ai jamais cru en la démocratie…
En voici la preuve encore aujourd’hui
Les murs seront tagués des demain midi
Quarante-neuf-trois d’écrit,crs et cris.

Dessine moi l’Anarchie Saint Exupery
Il parait que les grands écrasent les petits
Chante moi La Solitude, Léo Ferré mon ami
Au moins nous serons pénard dans nos lits

Les chanteurs à minette ont envahis les ondes
Les Artistes engagés dans les oubliettes du monde
Votre quarante-neuf-trois fera t’il pleurer La Joconde ?
La terre grondera ma foi malgré vos nombres immondes !

La politique est devenu un grand calcul mathématique
Vos divisions nous font payer l’addition sous vos tropiques
Quarante-neuf-trois ou trois-quatorze la connerie est sans limite
Vos cerveaux n’ont pas de cœur et votre âme est hypocrite

Aujourd’hui je ne cherche plus le nombre de syllabes
Mes lettres et mes phrases marchent comme un crabe
Cette poésie incontinente Je l’ai écrite dans le sable
Elle n’est pas une loi violente créée par vos palabres

Anthony Peloux

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