Archives pour l'étiquette #PoesieDebout

Benton – Debout on nuit – 151 Mars

Debout on nuit
On est debout et on déboule
on prend les quilles par les deux bouts
ils sont bateaux nous sommes la houle
la cohorte ressort de la boue
La peur devra changer de camp
aucun coup ne fera chantage
aucun coût n’évite le partage
nous ouvrirons de nombreux champs
Nous ne lançons pas un appel
nous ne revendiquons plus rien
nous posons juste un préalable
des conditions inaliénables
Toutes les pressions jadis subies
furent telles que ça craque partout
nous ne parlons pas de lubies
nous n’étions rien nous serons tout !
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J.J Ibanez – Obéis homme ! – 151 Mars

Obéis homme !

Silence homme obéis à tes maîtres !
Ta conscience oublie et soumis
A leurs lois, sois toujours fourmi…
Ils fixent pour toi ta raison d’être.

Baisse la tête et tais toi, sans dents !
Entre leurs mains tu n’es qu’un esclave
Un moins que rien, une simple épave
Qu’ils contrôlent dehors et dedans.

Mais tu es fils de Dieu… Tu l’ignores ?
Non Bacchus tu n’es pas un perdant !
Retrouve la mémoire qui t’honore.

Tu es né du Haut, non pour ramper
Mais pour que ton cœur batte, aime encore.
Fils de Dieu rien ne peut te stopper !

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Julien – Aux épouvantails médiatisés – 151 Mars

Aux épouvantails médiatisés :

Lâchez-nous avec vos symboles.
Avec vos étendards, vos bannières, vos drapeaux,
Lâchez-nous.

Lâchez-nous avec vos désirs de front.
De sonner la charge, de claironner vos « bonnes raisons »,
Lâchez-nous.

Lâchez-nous avec vos mots trompeurs.
Vos réactions trop rapides, vos réflexions pleines de vides,
Lâchez-nous.

Car, avec vous, ces symboles ne sont que raccourcis.
Des marchepieds pour rêves héroïques jamais assouvis.
Mais la réalité, si tragique, est bien plus complexe,
Que de menacer à tout va et pointer son index.

Une fois les drapeaux hissés, les étendards dressés,
Que vous restera-t-il comme seul horizon ?
Symbole contre symbole, des deux garnisons,
Seule survivra celle qui tuera l’autre en premier.

Et après quoi ? Convaincus de votre puissance,
Vous regarderez les forces en présence,
Et tout ce que vous verrez sera la même réalité,
Toujours aussi pleine de complexités.

Et il ne vous restera plus qu’à trouver,
Un nouveau drapeau à hisser.

Alors, Lâchez-nous avec vos symboles.
Lâchez-nous.

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Tou Toune – Le pouvoir – 151 Mars

Le pouvoir

Le pouvoir est à qui?
Pour celui qui l’a.
Mais peut’il aller vers un être de lumière?
Ou éclairer le plus mauvais
en utilisant sont plus bel air?
Sur des jeunes le mal pénétrant
les plus bas instinct
d’un pouvoir de dédain
mépris d’un pays
pour simple idée de profit
Le désire inassouvi
se besoin trompeur
La balance dans une main
et le glaive pointant.
Décidant pour le peuple
mensonges qui te déshonore
Tu ne donnes pas l’exemple
tu te pares de tout l’or.
Pouvoir décadent que
tu supprimes au vent.
La sécurité proche de toi
tu penses te cacher derrière
un drapeau,un hymne,des barrières
pouvoir tu restes mais au final
tu changes toujours sous un idéal
sans soif, terne et bien banal!

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Le Paca – Sauvage illusion de l’intelligence humaine – 151 Mars

« Sauvage illusion de l’intelligence humaine! »

La noirceur, la pénombre, l’obscurité,
l’opacité, la nébulosité, l’ambiguïté,
la médiocrité, la calamité, la fatalité,
la cruauté, la brutalité, la sévérité…

…de nos maintes injustices,
ignorantes erreurs,
dérisoires misères,
folies nécessaires,
horreurs et sévices.

La noirceur, la pénombre, l’obscurité,
l’opacité, la nébulosité, l’ambiguïté,
la médiocrité, la calamité, la fatalité,
la cruauté, la brutalité, la sévérité…

…de l’égoïsme, du capitalisme, de l’appât du gain,
de l’individualisme et du jamais pour son prochain,
(celui-ci blâme autrui, celui-là déblatère sa haine)
société de consommation et de faux savoir-faire,
richesse économique, monnayable et soporifique,
finance vulgaire, désespoir, véhémente violence!

Sauvage illusion de l’intelligence humaine!

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Marc – Ta prison – 151 Mars

Ta prison

Tu es bien seul au bord de l’eau
tu chantes tes rêves dans ton couloir
le monde est gris tu es palot
et voudrais bien changer l’histoire
mettre l’amour aux environs
pourtant tu l’aimes vous êtes ensemble
mais toi au fond de ta prison
tu es un autre qui te ressemble

tu es bien seul au bord de l’eau
ainsi en toi les papillons
se sont éclos dans ton cachot
désemparés par tes rayons
tu marches sur les coquillages
métamorphoses d’un autre temps
tu es perdu même à ton âge
es-tu ce fou l’es-tu autant

tu es bien seul au bord de l’eau
le monde entier est dans ton ombre
il pose ses doigts là sur ton dos
ton regard vide peut-être sombre
tu sens l’élan pousser ton âme
volant là-haut chercher la paix
ton horizon alors s’enflamme
et puis la mer couvre tes pieds

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Benton – Ce soir il pleut de l’espoir – 151 Mars

Ce soir il pleut de l’espoir.

Ce soir il pleut de l’espoir, la nuit ira nuire à d’autres que nous, nos guenilles nous iront, soupe au doigt, parfois le vent dans les branches ne nous insulte plus, les flaques de nos égos rebondissent des échos de nos bottines d’enfants qui sautillent dedans.

Ce soir il pleut de l’espoir, la pénombre nous enveloppe d’une malhabile quiétude, qui tient sur nos épaules par la poire que l’on fend, nos coudes comptent nos côtes et nous contons nos quêtes. Ce n’est pas une torpeur qui rampe entre nos pieds, les vapeurs qui émanent et remontent du sol, mordorées, hésitantes, caressent le creux des rêves.

Ce soir il pleut de l’espoir, j’en ai choppé un peu dans le creux de ma main, mais ça sèche très vite tu ne peux pas le voir, chacun tendra la sienne pour recueillir sa part, et la voir un instant qui peut paraître court, mais bien plus long qu’une vie à passer à côté.

Ce soir il pleut de l’espoir, personne n’a de parapluie et même les larmes coulent, y en a qui font pipi, mais pas tout le monde l’approuve, quand même y a une odeur qu’est pas loin du sucré, et comme une clameur proche de la mélopée.

Ce soir il pleut de l’espoir, et l’on voit refleurir des illusion perdues, comme des rêves enfouis ou des passions cachées, ça éclot ça et là, ça écope d’un écot comme un pop-corn qui saute, ça rejaillit parfois, ça maille le territoire.

Ce soir il pleut de l’espoir, lâche ton seau gros malin, ça sèche à une vitesse tu n’as même pas idée, ouvre la bouche en grand et laisse toi aspirer, le mouillé que tu sens c’est ton cœur qui renaît.

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Cécile – Eh! messieurs. – 134 Mars

Nuit Debout les gens chantent. Nuit Debout les gens déchantent. Enchantement, désenchantement. Et demain le monde ? Et aujourd’hui le monde ? Aujourd’hui le monde est dur. Aujourd’hui ça n’a plus de sens. Aujourd’hui ils tuent. Et aujourd’hui plus d’endroit pour respirer, on bétonne, on gaz lacrymogène, et aujourd’hui les poètes sont morts et enterrés. Mais aujourd’hui ça respire, les poèmes parlent, et Nuit Debout chante et déchante dans les ténèbres. Ils ne lâcheront pas, personne ne lâchera, on veut encore vivre, on veut encore respirer, on veut encore deviser, on peut dévisser mais on devisera, on divisera. Et, messieurs, vous ne pourrez pas tout anéantir. Et, messieurs, vous ne saurez pas tout contrôler. Et, messieurs, toujours les hommes parleront, les poètes écriront. Et, messieurs, si vous ne pouvez plus respirer, allez crever ailleurs. Que vos miasmes de morts-vivants ne nous écrasent plus. Votre monde est mort, messieurs, votre monde est trop vieux et trop mort pour résister, et un jour des armées sans armes s’élèveront au milieu des larmes que vous avez laissées. Eh ! messieurs, laissez-nous respirer, on a besoin d’air. Eh ! messieurs, laissez-nous briser pour que l’air rentre enfin.

Messieurs, vous êtes déjà morts, faites place, messieurs, vous êtes trop vieux. Faites place, messieurs, on fera mieux.

Du haut de vos tours, messieurs, du haut de vos châteaux, du haut de vos miradors, nous lancerons des fleurs, nous compterons les heures, nous lâcherons les leurres. Eh ! Messieurs, on ne vous voit plus, on ne vous croit plus. Eh ! Messieurs, lâchez tout. Que puisse enfin renaître la fleur de l’homme au coeur du monde. Que puisse enfin l’homme créer au milieu du rien.

Et sur vos ruines nous ne bâtirons plus. Les empires s’écrouleront.

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Camille – (Aux lucioles de rêves générales) – 134 Mars

Poésie au début
Poésie au debout
Froid revigorant
Chaleur humaine
A l’approche de l’été
Jour éveillé
Nuit allongée
Jour rallongé
Nuit réveillée
Assis pour discuter
« Mains en l’air! »
« Nous sommes innocents
Monsieur l’agent! »
Victimes d’aimer et de détester l’argent
100 par place
Nuit de nuisances
Vides et pleines de sens
Tachées par le sang
Silence
Lance pierre non lance peluche
Silence
Qui nuit à toi même
Sans autre toit que le ciel
La vie précaire qui te nuit
Mais debout tu avances
Sans viol sans dessus ni dessous
Nus, fragiles
Mais maintenus maintefois
Mis à dos
Main dans la main
Le cul assis et la tête en l’air
Les pieds debouts
Joignant les deux bouts
D’une précarité
Au goût de beurre de karaté
Pas de charité
Nique ta pote sans pitié
Nyctalope dans l’obscurité
D’une nuit blanche
Aux lueurs d’espoirs
Aux lucioles de rêves générales
Ne pas chômer pour s’y retrouver
Somnambule, Noctambule, Funambule
Assis pour être plus hauts
Plus élevés sur la pointe des pieds
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Yoam – Occident – 134 Mars

Je viens de l’Occident…



Là où le mal-être règne et où la grisaille nous oppresse…

Là où l’on aime tous à se démener, dans des vies surchargées, encombrées, de tout un arsenal d’occupations aussi vaines qu’inutiles…



Là où l’on se retrouve tous à courir, à se précipiter et jouer des coudes, pour tenter inlassablement d’arracher le même petit bout d’horizon…

-

Chacun vit dans son monde, à cultiver son propre « je »…


Si bien que lorsqu’on nous met ensemble, collectivement, cela ne donne plus qu’un choc frontal de petites bulles, hermétiques et stériles, se livrant bataille et n’aspirant qu’à une chose : gonfler… gonfler encore et toujours plus… ! 

…

Mais éclateront-elles un jour… ?!?

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Cod Kinay – (Des mots de citoyens) – 134 Mars

Je voudrais qu’on favorise
La production locale
Des marchandises
Et moins de transport,
Car plus on en blinde les cales,
Plus la pollution bat des records.

Alors, je plaide pour une taxe carbone
Établie à l’échelle mondiale,
Une taxe aux axes bien pesés, car bonne,
Elle évitera les dérives commerciales.
Étude des cycles de vie des produits,
Du bien fondé de leurs circuits,
Et préférer le local au low cost,
Plutôt qu’un climat sous holocauste !

Et puis, y associer d’autres astuces :
Consommer moins pour vivre plus,
Produire mieux pour du durable,
En évitant le trop de rab périssable.
Retrouver la gestion sobre des sols,
Les saisons en écoles horticoles,
L’agroalimentaire changeant ses protocoles,
Comme faire le retour de la palme au tournesol.

Oui, garder la terre et l’humanité féconde
En sachant que l’on est « citoyen du monde »,
Que chaque vie est unique et hors de prix,
Qu’on soit né en Afrique ou à Paris,
Le petit doigt dans les hautes sphères
Où les pieds nus plantés dans la poussière.

Savoir qu’on a tous la même Terre mère,
Qu’on est donc des sœurs et des frères.
Se réunir en famille et voir ce qu’on peut faire
Pour tenter ensemble de s’extraire
De nos routes d’avenir à codes-barres
Qui se barrent en vrille, en mode barbares,
Vers de bas horizons
Où l’on ne pense qu’à ce qu’on somme,
Et peu importe le poison
Tant que l’homme croît et consomme !

Alors oui, consommer moins pour mieux y voir
Et comprendre qu’on a pas besoin d’avoir,
Mais d’être des maillons qui aiment
Tenir la chaîne du grand écosystème,
Un sourire aux lèvres
Et le cœur au creux des mains,
Pour calmer la fièvre
Qui indispose nos lendemains.

Indices posés sur nos chemins
Mais éparpillés sur la planète,
Alors la voix  de chaque humain
Compte pour y voir un peu plus net.

C’est pour ça que je plaide pour des référendums
A l’échelle mondiale, pour en faire éclore
Des lignes d’avenir qui n’aient pas qu’un référent d’hommes
De pouvoir, quand il s’agit de faune et de flore.
Qu’on parle de notre Terre au-delà des jeux économiques,
De nos guerres d’égos trop souvent pathétiques.
Qu’on devienne aujourd’hui les maillons de la chaine
D’un écosystème indemne pour les générations prochaines !

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O. – Nuit debout interrogeant le monde – 134 Mars

Ils sont de nuit debout interrogeant le monde

Déplorant fermement le cours trompeur des choses

Et petit à petit se soulève la fronde

Donnant l’espoir enfin d’une métamorphose

 

Le bilan est précis l’on fonce dans le mur

Avec vélocité et lourd aveuglement

Et sentant approcher l’heure de la facture

Comme dernier sursaut l’on tente un changement

 

L’abondance à outrance n’est que perte de vie

La richesse n’est pas que cumul de monnaie

Les communs sont à tous et quant aux énergies

Cessons d’utiliser des sources de méfaits

 

L’existence sera certes très modifiées

Il faudra retrouver un goût sobre modeste

Et peut-­être qu’alors nous pourrons respirer

Et même rire un peu sous des cieux plus digestes

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Marc – Tes deux mains – 134 Mars

Tu t’abandonnes sur le piano
les paysages tournent dans ta tête
le petit chat au bord de l’eau
s’étire au loin faisant la fête
les goélands se rient du vent
tes quelques notes sont au levant
et le soleil brille au lointain
sur les dix doigts de tes deux mains

tu joues l’amour au bungalow
sur les nuages des travestis
serrés ensemble ils sont si beaux
dans leur décor de graffitis
le perroquet répète la vie
sur les trois notes de symphonie
et les palmiers en érection
embrassent le soleil de plomb

la mort attend notre pianiste
pourquoi ses pas sur cette piste

tu t’abandonnes sur le piano
et ta maîtresse danse dans le bar
elle a le rythme dans la peau
et sa beauté est du hasard
tu as les doigts sur le tempo
et à la porte deux gigolos
marchent vers toi avec des feux
tu as la peur au fond des yeux

ils ont tiré sur le pianiste
la mort s’enlace sur la piste

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Florian – Cette France – 134 Mars

Autant que je me souvienne
J’ai toujours aimé cette France
Des poivrots ivres dès la matinée
Des traditionnelles putes de quartier
Et des jeunes dandys en survête rayé
Cette France
Des vieux combattants enivrés d’anisette
Des Kronenbourg merguez brochettes
Et des pécores casque levé en mobylettes
Cette France
Des centres villes et des banlieues étalées
Des musclors en débardeur échancré
Et des campagnes dortoirs sans épiciers
Cette France
Des clochards à canette
Des clébards en fourgonnette
Et des bals fêtards à castagnette
Cette France
Des fêtes foraines et des pick-up
Des frites grasses mayo ketchup
Des tracteurs et des fausses pin-up
Cette France
Des beaufs et des bobos
Des sunnites et des cathos
Et des bohémiens en Merco
Cette France
Anti-flic
Anarchiste
Animiste
Cette France alchimiste de 98
Des riches et des pauvres
Du cochon à la broche
Dans la rue contre l’Etat
Cette France
Des motards qui s’y croient
Des drogués en festoche
Des HLM et des villas
Cette France
Des accordéons musettes
Des graffitis sur la vitrine des superettes
Et des oratoires érigés sur les crêtes
Cette France
Des châteaux en ruine
Des toponymes féodaux
Et des linteaux gothiques
Cette France
Au camping ou à l’hôtel
Des buildings et des chapelles
Cette France
Des écarts barbares
Des médias mondains
Des immortels
Des oubliés
Et des imparfaits
Restera gravée
A jamais en elle
Même si un jour
L’Etat est aboli
Pour le meilleur
Et seulement le meilleur
France Pays de la Liberté
Mais tu ne l’as jamais été
Même quand tu tuas la royauté
France Pays des Lumières
Tu le seras une fois revenue en arrière
Avant que tu naisses

 

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Cécile – Vieux monde – 106 mars

Ca explose, ça explose dans ce vieux monde. Le monde est vieux et nous sommes jeunes, nous sommes jaunes comme les prairies automnales de la fin des temps. Nous sommes verts comme le président qui se lève le matin plein de morgue, et tire sur le monde, et tire sur la vie, et le monde nous tue, et vive la vie, et trahissant les siens le pic vert mange les mouches aux abois dans le grand ciel vide qui nous enserre. Las des jours sans fin nous partons le ventre vide vers d’autres mondes, mais celui-là court et ne nous ratera pas, ça passe, ça passe, ça pousse, ça pousse, ça pousse devant, ça pousse derrière, ça crie au monde : vive la vie ! Et toi qui te tais et toi qui te terres et toi qu’on tait ouvre le trou de ta bouche pour ne pas tomber face contre terre.

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Romain – Rêvolution – 106 mars

Faut-il vraiment qu’on vous le beugle ?
Notre gouvernement est aveugle !
Il nous a déclaré la guerre
Un vieux réflexe totalitaire

On a chanté avec amour
Il a fait semblant d’être sourd
Il nous a déclaré la guerre
Il s’en fout de notre colère

Sous le feu des canons à eau
Dans les nuages de lacrymo
Il nous a déclaré la guerre
A coups de grenades et karcher

Quand on a dit « on vaut mieux qu’ça ! »
On parlait pas des coups d’tonfa
Il nous a déclaré la guerre
Serait-ce la faute à Voltaire ?

On trouve parmi nous des casseurs
Faut surtout pas en avoir peur
Il nous a déclaré la guerre
Pas question de se laisser faire !

Une autre voie, la non violence
Fait partie de la résistance
Il nous a déclaré la guerre
Mais il ne peut pas nous faire taire

Chacun ses rêves, chacun son arme
Sa façon de sonner l’alarme
Il nous a déclaré la guerre
A nous les rêvolutionnaires

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Zu Rac – Nuit Debout – 106 mars

Tous ces procédés d’acétone et ces bijouteries carcérales ont eu beau nous ravager la tête, vient le jour enfin où nos crânes peuvent fleurir leurs cheveux d’estragon.

On en aura mangé des déchets, avec une tranquillité volontaire, de celle des nouveaux-nés, la bouche ouverte et les yeux clos, accueillant sans gémir des champs entiers de réverbères, des images aux couleurs impériales, obsédantes, rouge saumon de rivière, des publicités d’apothiquaires et des trafics d’influences pharmaceutiques directement branchés sur les synapses.

Révélez votre identité créative! grâce aux écoles supérieures privées et aux emprunts bancaires.

Foutaises!… Société d’arnaqueurs et mafia gouvernementale. Ils disent : « vendez vos cerveaux à la sauvette sur le marché de l’art naïf! » Eheh, mais les VRPs, c’est nous! transbahutant nos chaines aux pieds, chaines hi-fi, chaines en or et mille cinq cents chaines de TV.
On nous travaille la pensée. On nous travaille à la chaine. A la chaine de causalité circulaire.

Circulez! Y’a rien à voir! si ce n’est encore les réverbères, les réverbères, les réverbères…

Prochain arrêt: métro C. Direction ? Aucune idée. Où va-t-on ? Quelque part – un horizon troublé de destinations indifférentes. Qu’est-ce qu’on veut ? Autre chose. Pourquoi ? Parce qu’au premier jour de glace il y avait un écriteau disant : Assieds-toi! Tais-toi! Sors ta trousse! Écris tout! Retiens tout! Comprends rien!

Alors on passe la nuit debout, et le jour, on dort, debout, aussi. La nuit debout ça veut dire la chouille dehors, peut-être ça mène à rien mais bon, comme tout le reste.

« Il n’y a plus rien! disait Léo. Il n’y a plus plus rien! »

L’espoir, on le cultive avec du froid, du silence qui parle trop, des matraques en silicone et des armées d’automates, d’entrepreneurs et de mercenaires payés rubis sur l’ongle pour qu’on soit tous coiffés à coup d’scalpels, et pis surtout qu’on la ferme! et qu’on s’y fasse à l’insomnie, le nez plongé dans l’oreiller et qui répète « Y’a rien à faire… Attends! » Alors j’attends la fin du monde dans une cellule capitonnée, tombeau trois étoiles et vampire triste.

Et les bombes? Rien à foutre, de toute façon on mourra jeune, c’est sûr, avec tout ce qu’on s’enfile dans le cornet juste pour oublier l’ennui. Mais l’ennui, on le fera taire, la nuit, debout!

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Aude Pâris – Implosion – 106 mars

Implosion,

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Le satellite m’invite

A tourner autour

De toi, de moi

Du monde au bord de l’implosion

ça va chauffer dans les institutions

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Tour de l’univers

En hélicoptère

Fuir la Terre

Pour aller polluer

Un autre système

Planétaire

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Placide

Tu brodes

Tandis que d’autres
Une foule
En houle
Une foule très cool
Impulse peut-être
Un autre
Une autre

Etre

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Tour de l’univers
En hélicoptère
Vont-il nettoyer
Notre système

Planétaire?

Tu m’as manqué

T’es tu planqué?

Lève toi, Amour

Viens voir.

Il fait jour.
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Al Gorythm – 31 Marx – 106 mars

perchés
sur les micros des cheminées
ils guettent avec des yeux incrustés d’étoiles mortes
une bave abjecte à la plume
notre agonie
ils veulent trancher la tête
du long serpent des révolutions
qui rampe doucement à travers l’Histoire
de Spartacus à Robespierre
de Louise Michel à Allende
mais depuis toujours
nous sommes les plus nombreux
parce que nous sommes les inventeurs

vous êtes une révolution de fourmis lancent­-ils
des vociférateurs de places
laissez les grandes personnes refaire le monde
laissez la télé parler pour vous
laissez les gremlins vous représenter
de leurs balcons
c’est eux le peuple pas vous
d’ailleurs
si le message n’est pas entendu
nous avons prévu que de notre anus mondialisé
sortent des pets lacrymogènes bien sentis
vous êtes violents casseurs et rétrogrades
nous sommes le progrès la modernité en marche
la synthèse d’Uber et de Zola

oui
on n’est pas beaucoup sur la place
mais on est nombreux dans le monde
depuis toujours
on est nombreux
les plus nombreux
de Toussaint­Louverture à Rosa Luxembourg
de Babeuf à Che Guevara
je le sais
car c’est mon poème qui me le dis
il ne se trompe jamais
c’est un périscope qui permet de voir de côté et même de loin
l’avenir
ça donne du champ un poème
ça permet de respirer autrement
ça fait aimer les gens
ça fait voir des tulipes
à la place des pots d’échappement
et le ciel à la place du ciment

si on ne se connaît pas tous
on se reconnaît entre tous
les porteurs de poèmes
on sait qu’on a déjà vécu cela
cette respiration
et qu’après nous il y en aura d’autres
ne faiblissons pas
lançons toujours nos dés nos flèches
qu’importe la nuit
la dialectique des vents
trouvera les mots pour se retrouver
à chaque soir bien sombre de la terre
où que nous soyons dans le monde
il y aura toujours une nouvelle Commune

ne pas craindre
de fatiguer les mots
Marx à moteur
Marx kérosène
Marx fantôme qui ressort de son lit-­béral
Marx à ressorts comme le diable dans sa boîte-poubelle
Marxpédia
Marxtweet
Marxbook

la religion du capital
veut brûler le code du travail
vivent le 31 marx et ses enfants
que dans le gris s’élève
le soleil à barbe de l’humanité
on l’a échappé belle
le 1er avril n’eut pas été crédible

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